Kélerdut - Domaine des Rochers.

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lundi 21 mars 2011

Il a une sacrée classe, François Bunel !

L’homme de ma vie m’a cédée, grand seigneur,  son tournicotant fauteuil IKEA à l’étage et a opté pour le Foot  sur l’écran du rez-de-chaussée.  
Je m’échauffe : d’une main la télécommande  et à proximité quelques carrés de chocolat noir : je me lance dans l’univers des polars nordiques,

 je regarde « La grande librairie » sur France 5.  

On y voit François Bunel habillé sport élégant, dans un trois quart en cuir doublé de fourrure, ou en velours foncé, reçu chez les différents écrivains ou dans des cafés sur des pontons flottants devant l’étendue des fjords…immenses. François Bunel aborde ses interlocuteurs avec simplicité dans le sourire plissé de ces yeux ; J’ai enfin trouvé le remplaçant de Bernard PIVOT. Plus dandy et joli garçon certes, mais gentil , littéraire éclairé,   délicat dans ses interviews et puis il a pas la grosse tête !

Je connais très peu de choses de la Norvège ou de  la Suède. J’en connais  BJORK que j’aime pour sa façon si particulière de chanter et son talent d’actrice dans « Dancinq in the dark » (magnifique !) le film « Festen » (dérangeant) et … le saumon. Depuis deux ans j’ai découvert, sur les conseils d’une bibliothécaire de la Médiathèque, l’univers des polars du grand froid  avec l’écrivain islandais, Arnaldur INDRIDASON.

Manque de chance François Bunel n’avait pas cet auteur en magasin ce soir-là mais j’en ai découvert plein d’autres  dont Jens Christian GRONDHAL écrivain  danois. Pour lui la littérature a pour fonction de ralentir le temps, de marquer une pause. 
Henry MANKELL est l’auteur des enquêtes de l’inspecteur WALENDER. Il  fait la navette entre le Mozambique où il dirige une troupe de théâtre et la Suède. Faut au moins ça pour supporter ce pays, où en été le soleil ne se couche jamais (de mai à fin juillet) et ne se lève jamais en hiver (de fin novembre à fin janvier).  Pas étonnant tous ces suicides !

Pas mal ces polars ; je me suis laissée prendre à ces paysages en noir et blanc.  Je regarde avec plaisir la série à l’écran même si Kenneth BRANAGH a vieilli comme tout le monde (qu’est devenu le jeune premier du film « Beaucoup trop de bruit pour rien » ?) dans le rôle d’un inspecteur  tourmenté, alcoolique et enfoncé dans une vie personnelle broyée.

MANKELL nous dit que le polar permet de parler de la société telle qu’elle se reflète dans le miroir du crime. MANKELL a cherché un personnage auquel on puisse s’identifier : ses pathologies sont significatives du diabète, maladie aujourd’hui très fréquente …. Ouais je n’y aurais pas pensé.
Le héros vieillit mal, il s’enfonce dans la maladie d’ALZHEIMER, dégénérescence mentale qui hante l’écrivain plus que toute autre maladie. Pour MANKEL l’intellectuel a pour mission de raconter des histoires mais aussi de faire naître des débats de société…et d’évoquer le siècle des lumières et celui de Sartre et Beauvoir.

Je n’ai rien lu de Camilla LACKBERG qui fait un malheur en ce moment : à l’âge de 4 ans elle écrivait déjà des polars! ( l’histoire d’un père Noël qui assassine sa femme ). Je me demande bien comment ont réagi ses parents…

Anne B. RAGDE, brune, la cinquantaine très épanouie,  a remporté l’équivalent du prix Goncours avec « zona frigida ». Elle vient de publier « La terre des mensonges » où elle parle de la Norvège ancestrale et de la Norvège moderne, celle qui fleure bon le pétrole et le gaz naturel avec lequel  les norvégiens sont devenus très riches.
Les polars d’Arnaldur INDRIDASON n’échappent pas au genre nordique : introspection, recherche de personnes disparues, histoires de familles, drames avec en toile de fond très étayée l’histoire de la société et puis toujours l’histoire personnelle de l’inspecteur héros, Erlendur accompagné de ses adjoints  aux noms imprononçables. Le temps s’écoule différemment dans ces histoires. Une ambiance étrange, les fjords, la lande.

A essayer avec un bon vin chaud !

lundi 7 février 2011

Mes références : chanteur(se)s et poètes

C'était l'entr'acte, Samedi soir, salle Nougaro au festival "Détour de chants". Il était assis dans un canapé noir, grand blond au physique de bûcheron canadien -pourtant il est danois- mais a déboulé dans les années 70, de sa Belgique pour nous chanter les petits éléphants, perdus, Mireille la mouche et autres thèmes d'animal blessé. Il est fidèle cet homme, à lui d'abord, à ses idées, ses engagements, à ses amis troubadours du pays de Cocagne (ce sont ses mots). J'ai rencontré Dick Annegarn lors d'un énième Festival du Verbe. Il anime avec une passion désintéressée d'honnête homme à Lafitte (près de St Bertrand de Comminges) un festival qui réunit des poètes simples et généreux qui manient le verbe comme personne, des jeunes et des moins jeunes, des gens de peu (de biens). En 2008, j'avais eu par hasard connaissance de cet évènement resté assez confidentiel. Pourtant y étaient en toute amitié pour Dick Annegarn, "M" le chanteur petit-fils d'Andrée Chedid disparue hier soir et d'autres, moins célèbres. "M" avait joué et chanté des poèmes de sa grand-mère. Nous avions passé le week-end à Lafitte, assis dans l'herbe, à écouter poètes et slammeurs sur des trétaux avec pour fond de scène le décors naturel de cette campagne où vit celui qu'aujourd'hui les trentenaires ne connaissent plus. Samedi soir, c'était la même simplicité, une parole libre. Nous avons parlé des difficultés de l'Association des Amis du Verbe, du mépris des politiques pour une "petite forme" qui a dû laisser la place, bien que plus ancien, à un cheval de Troie qui est passé par Marathon et qui a eu le dernier mot. Il a la rage Dick. On l'a bien senti.