Kélerdut - Domaine des Rochers.

Kélerdut - Domaine des Rochers.
Kélerdut - Domaine des Rochers.

dimanche 8 mai 2011

LA TOSCANE 4ème Episode

LA HURE

Elle  défend son coin de terre comme la laie défend ses petits et  nous révèle que les gens du coin l’ont surnommée « le  sanglier » .
Lors  de nos trajets en voiture, Jocelyne alimente souvent nos conversations. La figure de l’animal emblématique de Toscane lui convient parfaitement :

Elle en possède l’intelligence et la force.  Pareille au cochon sauvage apprivoisé le dernier par les hommes du néolithique, elle ne s’est pas laissée domestiquer.  Elle gouverne son territoire avec autorité. Elle est la guerrière de cette parcelle de Toscane où elle applique ses principes d’écologie en se nourrissant exclusivement de légumes, en économisant l’eau, le chauffage, même au plus froid de l’hiver, souvent très rigoureux.

Lorsque après le petit déjeuner nous lui proposons de partager un repas communautaire le lendemain au soir avec Stéphanie, Thomas, qu’elle prononce « THOMASS » et le petit Alexis, elle paraît enchantée de cette initiative et offre de préparer une salade agrémentée d ’huile d’olive de sa fabrication « une huile sans cholestérol, entièrement naturelle ! ».

Nous lui promettons de nous occuper de tout, de rentrer plus tôt pour profiter de ce moment ensemble et lui permettre de se coucher à une heure raisonnable.

Stéphanie a apporté des assiettes en plastique pour éviter la vaisselle et surtout contribuer à préserver les ressources naturelles.

« Comment ferons-nous quand il n’y aura plus d’eau nulle part ? » ne manque pas  de rappeler Jocelyne. « Ici l’eau est rare et très chère ».

Gagnée moi-même  par l’écologie ambiante, j’ai pris l’habitude de conserver l’eau récoltée dans la bassine de la douche. J’évite de tirer la chasse après chaque passage dans les waters et y verse le contenu de la bassine que si cela s’avère vraiment nécessaire.

J’ai l’impression d’être en camping alors que nous avons tout de même payé la chambre et le petit déjeuner pour un prix garantissant un minimum de confort.
L’homme de ma vie, élevé à la campagne, ne se formalise pas outre mesure. Nous acceptons les règles, estimant que le  jeu en vaut la chandelle.

Le soir venu, sous la tonnelle, la table se charge de la charcuterie achetée à la coopérative de Sienne :   fraises,  plusieurs bouteilles de vin – nous sommes dans le Chianti ! – un grand bol de salade du jardin,  fromages de la région et  plateau de tartines de pain écrasé de tomates mûres sur lesquelles nous faisons couler un filet d’huile d’olive extra vierge : celle qui fait la fierté de Jocelyne. 
La salade est craquante mais la vinaigrette manque de saveur. L’huile  est si raffinée qu’elle en est incolore et inodore. Elle a même  perdu le goût de l’olive. Jocelyne ne résiste pas au plaisir de mordre dans une tranche de saucisson.
Nous nous étonnons de son entorse au régime habituel. Elle se justifie en disant que cela reste exceptionnel et nous réalisons l’étendue de ses sacrifices…

Nous nous laissons envahir par la chaleur de la conversation et du Chianti.
Toute l’actualité défile sous la tonnelle au cours d’ un débat passionné : les grèves étudiantes contre le CPE, la victoire du NON à l’Europe, les élections présidentielles de 2007…aucun sujet n’échappe à notre diatribe. Mon homme retrouve ses accents de militant syndicaliste, Thomas lui emboîte le pas, ponctuant ses interventions de traits d’humour, Pat a trouvé son maître.

Aime défend des positions plus modérées que je ne partage pas toujours, Stéphanie reste silencieuse et discrète la plupart du temps, Alexis ne tarde pas à manifester des signes de fatigue et sa mère le porte jusqu’à sa chambre.

Jocelyne que la politique passionne pourtant, oriente soudain la conversation vers un sujet qui nous prend tous au dépourvu :
« qu’est-ce que l’amour ? », « un couple peut-il vivre toujours ensemble et s’aimer toute la vie ? ».
Nous essayons tant bien que mal de trouver des réponses sans trop y parvenir et n’osons pas clamer que nous sommes mariés depuis bientôt 30 ans.

Jocelyne nous dit alors qu’elle a été la compagne d’un peintre durant 30 ans. Celui-ci l’a abandonnée un jour pour une femme plus jeune. Ce sont ses peintures qu’elle a conservées et qui décorent toutes les pièces de la ferme.

Une tesselle supplémentaire pour notre mosaïque…

La nuit est tombée sur le jardin et nous allumons les bougies disposées sur la table. L’obscurité est telle que Stéphanie chute sur un arbuste en revenant de la chambre où elle a couché Alexis.
L’air qui fraîchit m’oblige à partir à la recherche d’un gilet. Depuis que la nuit s’est faite, nos  voix ont baissé d’un ton.

Je croise Jocelyne qui en profite pour rentrer quelques plats. Je lui montre mon gilet et celui de mon homme que je ramène avec le mien.
« Tu vois, c’est peut-être cela l’amour…ne plus seulement penser à soi mais penser à l’autre ».

Elle tourne la tête.

Je regrette mes mots, je crains de l’avoir blessée.
Nous rejoignons la tonnelle où la discussion s’est arrêtée. Nous sommes bercés par le silence de la campagne.
Jocelyne dit : « Les sangliers ne vont pas tarder. Peut-être aurons-nous la chance de les voir, là-bas dans les bosquets…».
Je n’ai jamais vu de sanglier dans son milieu naturel. Seulement des bêtes mortes et parfois des hures pendues aux crochets des bouchers de la rue du Taur aux saisons de chasse sur le chemin du Lycée.

Entre les poils hérissés des carcasses s’écoulait un sang de raisin noir qui gouttait sur le trottoir. Le dégoût m’envahissait, je continuais ma route  jusqu’à la place Saint-Sernin dans la semi obscurité du matin d’hiver.
La corrida ? Désolée, je ne peux pas. Ce n’est pas pour moi. Je laisse aux autres le plaisir animal du monstrueux frisson devant le spectacle de la bête torturée et blessée à la chasse ou dans l’arène.

Jocelyne ne tarde pas à se lever. Il est tard, elle souhaite se reposer.

Nous n’avons pas vu les sangliers.
A partir de ce moment-là, entre nous quatre, nous l’avons souvent appelée « la Hure ».

mercredi 4 mai 2011

LA TOSCANE 3ème épisode

LA GALERISTE

« Je ne suis pas obsédée par l’idée de possession mais il y a deux choses dans ma vie que j’aurais aimé posséder : une bague dont j’admirais la forme ; je suis très sensible à certaines lignes. Elle était très belle mais très chère. Elle m’était inaccessible.
J’ai perdu sa trace il y a plus de 20 ans,  tout comme celle d’une sculpture que j’admirais tous les jours dans la vitrine d’un antiquaire, en attendant le bus. »

Nous étions rentrés dans une petite galerie de peinture d’une rue de San Gimingnano après avoir épuisé nos regards sur les nombreuses vitrines débordantes d’ artisanat local.
San Gimignano
La galerie était déserte et les tableaux captivèrent aussitôt notre intérêt. Le peintre avait jeté sur la toile ses couleurs au couteau : champs de coquelicots de piment rouge, fleurs de glycine d’un parme chaud sur la façade au volet fermé… J’enviais la technique de l’artiste et m’imaginais dès mon retour, plantant le chevalet face à la tonnelle de notre maison toulousaine pour peindre les lourdes grappes que tous les passants hument depuis la rue à chaque printemps.

Nos commentaires admiratifs, l’absence d’autres visiteurs et l’hypothétique vente d’un tableau  déplacèrent la galeriste jusqu’à nous après qu’elle eut écrasée sa cigarette.

Plutôt petite de taille,  sans maquillage, les cheveux bruns noués, vêtue avec simplicité, ses yeux plissés nous souriaient. Elle parlait un français sans faute, presque sans accent,  d’une voix grave et harmonieuse.

Nous lui dîmes notre enthousiasme pour les tableaux exposés tout en restants prudents sur nos intentions. Aime souhaitait en connaître le prix. Je préférais imaginer que leur montant les rendait inaccessible pour notre bourse.

C’est alors que s’engagea très naturellement une conversation sur le coût de l’art, les priorités que chacun fait suivant ses besoins, ses impulsions.

Dans la boutique tapissée de grandes toiles, coupés de l’agitation des rues de San Giminiano,  je me sentis très vite en sympathie avec la galeriste. Cet élan fut sans doute communicatif car   elle nous livra- en nous avouant qu’elle le faisait pour la première fois -  l’histoire de la bague et de la sculpture. Mais c’est surtout le souvenir de son rendez-vous quotidien avec un buste de femme dans la vitrine de l’antiquaire qui l’exaltait.

 Elle nous raconta alors le détail de la rencontre.

« Je la contemplai tous les jours avec passion. La beauté du visage d’une grande douceur me fascinait. Un jour, je me suis décidée à entrer chez l’antiquaire pour connaître le prix du buste de bronze. Les 20 millions de lires annoncés ont mis l’objet de ma passion définitivement hors de portée. Aujourd’hui encore, cet achat  serait impossible. »

En quelques mots la galeriste avait captivé notre attention. Nous avions oublié les tableaux pour nous projeter dans l’univers mystérieux de l’antiquaire.

Elle poursuivit : «  Ma mère est morte à 88 ans. C’est à ce moment-là que  j’ai fait la rencontre avec le buste de femme dans la vitrine de l’antiquaire. J’aimais infiniment ma mère.

Lorsque je l’ai vue, morte, j’ai été frappée par la transformation de ce corps que j’aimais tendrement. J’étais près d’elle, attentive aux  traits de son visage qui disparaissaient peu à peu pour ne laisser apparaître que sa beauté intérieure, celle de la femme magnifique qu’elle avait été. Ce n’était plus son apparence mais l’être intime qui affleurait à la surface de  son visage. Ces moments ont été pour moi une expérience très forte.

Après toutes ces années,  je me souviens encore de ce buste de femme ; la maturité me permet aujourd’hui de  comprendre la relation entre l’attirance pour cet objet comme on peut l’éprouver par une vraie personne, et  ma mère qui venait de mourir et que j’affectionnais tant. »

Elle avait lâché son récit sans s’arrêter comme pour se libérer d’un poids. Nous étions silencieux et émus. Je vis briller ses yeux. J’étais moi-même très émue mais heureuse de cette complicité.

Je mis ma main sur son épaule. Je voulais par ce geste lui démontrer combien j’étais touchée par le don qu’elle nous avait fait de cette histoire  intime et j’accompagnais ce mouvement de quelques mots pour la remercier.

C’est sans doute pour dissiper ce trop plein d’émotions, qu’elle se mit à faire  l’éloge du peintre dont les œuvres recouvraient les murs de la petite galerie. Elle nous expliqua les techniques qu’il mettait en œuvre pour donner à ses tableaux des vibrations si particulières ; ses choix pour une pratique de son art libérée des contraintes de commandes ;  son   goût  pour la peinture en extérieurs, peignant en fonction de la lumière, attendant l’intensité souhaitée, se refusant à tricher avec l’aide de la photo ou de l’ordinateur.

La galeriste était enthousiaste en parlant de l’artiste. Pour nous convaincre définitivement de son talent, elle  nous proposa une petite expérience qu’elle nous conseilla de pratiquer à l’avenir pour apprécier les œuvres. Elle reconnut qu’elle n’avait pas coutume de faire ce genre de démonstration en plein après-midi.

Elle  éteignit toutes les lampes. La pièce se retrouva dans la pénombre. Les couleurs pourtant vives sous les lumières des spots mais qui restaient sombres à certains endroits de la toile  s’échappaient des murs par touches fluorescentes : la glycine parme et parfumée glissait le long du volet fermé,  protégeant la tranquillité d une  chambre assoupie à l’heure de la sieste.
Soudain des visiteurs franchirent le seuil de la galerie. Dans la pénombre rafraîchissante, ils furent sans doute intrigués par ce petit groupe figé comme les cires du Musée Grévin.

Il fallut rallumer.

mardi 3 mai 2011

LA TOSCANE, 2EME EPISODE

LA « FORNACE »

La salle du restaurant est bondée. Quelques-uns sont debout dans l’entrée qui n’est pourtant pas prévue pour l’attente, dans l’espoir qu’une table se libère.
Le patron, la simplicité élégante, tempes grisonnantes, chemise blanche, jauge avec sérénité et courtoisie la salle et ses clients au-dessus de petites lunettes cerclées de métal. Plutôt distingué pour un restaurateur d’auberge de campagne …je suis sensible à son charme sans doute parce qu’il est très éloigné de celui qu’on prête habituellement aux  Italiens.

La langue française n’est pas son fort et aucun de nous ne maîtrise vraiment l’italien mais qu’importe ! nous nous transformons rapidement en adeptes du  langage des signes.
Nous n’avons pas l’aisance des lilliputiens en médaillon de l’assemblée nationale : nous levons quatre doigts de la main en indiquant  une quelconque table puis, les doigts ramassés en pince à hauteur de la bouche dans un mouvement rapide de va-et-vient.

La réponse est immédiate. Le patron regarde se montre et enchaîne 5 ouvertures/fermetures  palmaires sans équivoque ; le message est clair : vingt-cinq minutes d’attente.

Nous décidons de partir à la découverte de l’environnement immédiat en empruntant le petit chemin herbeux qui longe la bâtisse restaurant/chambre d’hôte. La lumière du jour descend sur les oliviers alignés en silence. Nos pieds s’enfoncent tandis que nous avançons sur le chemin comme si nous le connaissions depuis toujours.

Après une journée de voyage, après la découverte des paysages d’une douceur biblique, après l’arrivée dans notre hébergement entre vignes, cyprès et oliviers dont la beauté dépasse notre attente, après toutes ces émotions, le ventre s’impatiente : nous ne sommes plus que quatre estomacs espérant un  plat de pâtes fraîches et un tiramisu léger, mousseux et savamment chocolaté.

Enfin ! le maître des lieux nous fait signe… nous prenons place autour de la table ronde dans un angle de la salle en vue du fournil.
Au-dessus du comptoir-caisse une devise interpelle les convertis que nous sommes :

« bere non fa male, e bere male che non fa bene ».
La maxime humoristique nous confirme dans notre choix judicieux... Nous sommes aux anges.

Le patron nous présente la carte, l’attente nous a livré à sa merci : « Alea jacta est ! ». Nous ne demandons qu’à nous enivrer de Chianti, et nous rassasier de « PASTA ». Plongée en apnée dans la carte.

Sur les conseils de la jeune serveuse, nous optons pour une assiette de charcuterie du pays, des gnocchi a lla sorentina, des ghibellini, des spaghettis a lla carbonara, le tout accompagné d’une bouteille de vin du pays.

Le pizzaiole, foulard noué sur la tête, s’affaire devant le fournil qu’il gave jusqu’à l’indigestion de toutes sortes de  pizze. Deux jeunes serveuses vont et viennent des tables au fournil, du fournil aux tables et aux cuisines que nous devinons à deux marches au-dessus de la salle, par le ballet des plats.

Pas de décoration ou plutôt si. Un décor familial. L’impression d’être reçus chez nos cousins : des murs clairs légèrement enfumés par la proximité du four, quelques photos en noir et blanc agrandies dans un grand format.

On  découvre une famille dans les années 1900 immortalisée au cours d’ une bacchanale dominicale lors d’un pique-nique sous les arbres : d’un côté, les femmes, amusées, heureuses en robes sombres aux grands plis,  bras couverts. De l’autre  les hommes, chemises blanches retroussées aux manches, tête nue ; l’un d’eux, la bouche ouverte, vient de lâcher une plaisanterie à laquelle les autres s’esclaffent.
La fidélité à la parenté exprimée dans ces vues intimistes s’est prolongée dans le plaisir de nourrir une famille plus élargie, celle des habitués ou des voyageurs de passage, informés par la rumeur positive des propriétaires de gîtes alentours.

Comme nous posons la question des deux enfants sur une photo plus récente, le patron nous désigne le trentenaire qui s’affaire alternativement au fourneau et au service de la salle voisine :

« le plus jeune des deux, sur la photo, c’est lui, il travaille ici. L’aîné est ailleurs, dans une autre ville ».

 Nous venons de franchir le cap du langage des signes : l’occitan, le catalan et le castillan réunis,  nous permettent d’interpréter les mots chantés par le patron aux yeux doux.

Deux garçonnets debout, nus pieds sur un radeau à rames échoué sur le sable. Le plus âgée – je lui donne sept ans - en maillot de bain et petit gilet à manches longues –photo en noir et blanc sans doute prise au printemps – a posé le bras gauche sur le cou du plus jeune  (quatre ans environ)  dans un geste protecteur.   L’un et l’autre sont coiffés d’ un bob blanc superflu en l’absence de soleil mais qui dénote l’attention maternelle.

L’air grave, les sourcils froncés, ils regardent l’objectif, le visage tendu. Ils n’ont aucun plaisir à poser ; on a interrompu leurs jeux, il va falloir partir, quitter le bateau et ce coin de plage où ils sont venus passer ce premier dimanche de printemps.
La photographie prise dans un de ces instants avant le départ les prive de quelques minutes supplémentaires de bonheur. Ce n’est ni la plage ni le bateau qu’ils vont devoir laisser, c’est leur insouciance et une partie de leur enfance.

Ainsi ce marmouset aux boucles claires dépassant du bob c’est lui, le serveur de la Fornace

…l’arrivée des plats vient distraire notre rêverie. Dès la première bouchée nous nous dévisageons, dans un sursaut orgasmique. Quatre paires d’yeux montent au ciel, nous poussons un soupir d’extase :

« - Ah ces italiens, ils savent les cuisiner les pâtes… »
« - Quel bonheur !… »
« - Fais-moi goûter ! »
« - Tu as pris quoi ? »
Nous cherchons à détecter les plantes aromatiques et les divers ingrédients : basilic, thym, du parmesan,  tomate fraîche.
D’autres parfums surgissent de ma mémoire.

J’ai beaucoup appris dans la cuisine en regardant ma mère et ma grand-mère paternelle. Quelle expérience dans l’épluchage des légumes de la soupe quotidienne, dans la main instinctive, prompte à saisir le manche en fer de la poêle culottée pour surveiller la cuisson patiente d’une sauce tomate parfumée de laurier et de thym.

Aime, (que je connais depuis la maternelle) a dû très tôt se débrouiller et savait dès 8 ou 10 ans qu’elle aurait à acheter le pain en rentrant de l’école, à préparer le thé, le café ou faire réchauffer le repas que sa mère avait laissé le matin avant d’aller travailler, alors que je ne savais que regarder et me laisser nourrir – je devrais plutôt dire gaver - par ma grand-mère et ma mère qui se relayaient au bout du manche de la cuillère, parfois jusqu’à une heure avancée de l’après-midi dans l’espoir de me voir avaler une bouchée que je finissais par déglutir de guerre lasse.

Je voue un culte reconnaissant à toutes ces femmes qui, deux fois par jour devant les fourneaux, cuisinent pour leur  famille avec  application et soin et à celles qui m’ont transmis sans s’en rendre compte le savoir des mille gestes que je reproduis et transmets à mon tour.

Depuis le comptoir, le patron est attentif à la réussite de ce moment privilégié et veille à sa table de routards français avec un soin particulier. Il suit avec amusement nos découvertes culinaires.
Notre faim s’est calmée. Débarrassés de cette exigence, nous laissons traîner nos oreilles vers les tables voisines, nous écoutons la langue mélodieuse des italiens heureux d’être en famille ou entre amis en cette fin de semaine, prélude à quelques jours de fête.

Devant nous, la jeune serveuse, habillée d’un jean et d’un tee-shirt Nike, chaussée de baskets, sourit davantage avec ses yeux de jade qui réhaussent ses pommettes qu’avec sa bouche allongée dans un sourire discret. Le nez droit et long affirme le caractère du visage. La tête est penchée de côté quand elle s’adresse à nous dans une attitude d’humilité ingénue qui ajoute à son charme.
Tout le portrait des Grâces de Boticelli.
Elle a pris ses cliques et ses claques, a abandonné ses copines les nymphettes. Elle a mieux à faire que de danser la ronde du muguet à poil et pieds nus sur l’herbe humide de ce printemps qui n’en finit pas. « Il n’y a plus de saisons ! » A qui le dites-vous ! le printemps, toujours et encore. Elle a du travail qui l’attend à la Fornace. Mercure est un vrai pote ; il lui a prêté sans rechigner ses sandales ailées. Ah ! quitter cet univers féminin et vivre enfin pour de vrai la philosophie épicurienne ! Là-bas au restaurant, il fait bon près du fournil et puis il y a des hommes qui parlent fort parce qu’ils ont bu du vin. Ils ne sont pas comme ses anges efféminés !

Le serveur de la Fornace, lui aussi est à l’image des personnages androgynes de Boticelli : ovale allongé du visage, pommettes hautes, dans cette couleur pâle en surface où affleure une touche dorée, les yeux au bleu délavé, les cheveux de  blond cuivré.

…J’ai enjambé le cadre, je frissonne, les pieds nus dans la rosée,  face à l’incarnation magique des personnages somptueux d’un maître de la Renaissance

Le patron a besoin d’un coup de main pour desservir une table. Il hèle le serveur :

« Gabriel ! »

lundi 2 mai 2011

MES VOYAGES : LA TOSCANE

Avec les beaux jours les envies de voyages se font sentir, les avions agitent leurs ailes et s'élancent vers les destinations ensoleillées. Je vous livre sous forme de nouvelles les sensations d'un voyage en Toscane en 2006 dont je reste encore éblouie. Y'a du suspens...

MONA LISA

C’était en mai 2006. Pat et Aime nous avaient alléchés sur un gîte connu d’eux depuis l’année précédente. Trois coups de téléphone et deux courriels ont suffit  pour nous accorder sur la destination d’une semaine de vacances en Toscane… Les photos de cette ferme toscane nous séduisent d’emblée. C’est dit,  on prend le TGV jusqu’à nos retrouvailles au sud de Lyon et Pat prend le volant qu’il ne quittera plus.

Après une journée de voyage en voiture, le paradis qu’ils nous ont dépeint apparaît au bout d’un chemin blanc entre vignes et oliviers. Les photos sont  fidèles à l’original : la grande maison aux murs de pierres ocre auxquels s’accroche une vigne a fleuri son pas de porte de géraniums, de pensées et de bégonias.

Pat s’initie depuis peu à  la technique de la fresque ; pour ma part,  je peints depuis une dizaine d’ années et je suis enthousiaste à l’idée de découvrir enfin les merveilles de la renaissance italienne.

Nous croisons un jeune couple, à peine la trentaine, accompagné d’un petit garçon d’environ 3 ans :

« Elle vous attend avec impatience ! » nous dit le jeune homme sur un ton complice.

Nous répondons par un sourire cordial qui est de mise dans ce genre d’ hébergement de campagne recommandé par « Le Routard ».  Nous nous sommes inscrits tout naturellement dans la catégorie des voyageurs ouverts au monde, prédisposés à partager dans la bonne humeur tout événement pour ne pas dire toute contrariété.

Devant la bâtisse de pierres anciennes notre hôtesse vient à notre rencontre  et nous accueille chaleureusement. Elle est française et vit depuis 30 ans en Italie. 
Je l’observe tandis qu’elle se pend au bras de Pat : grande, 1 m 80 environ, vêtue d’un simple  tee-shirt noir et d’une salopette noire également, en coton léger. Elle se déplace avec aisance dans un corps solide et harmonieux qui dégage une grande force.

Le visage, les bras, les mains abîmées par les travaux de la terre sont hâlés. Des yeux clairs qui rient se noient au milieu de mille rides et les cheveux teints au henné attachés en une tresse, serpentent dans son dos.
Difficile de lui donner un âge : 60, 70 ans ?

Elle entoure Aime et Pat, va de l’un à l’autre avec des rires, des mots qui cherchent à faire revivre la complicité amicale des vacances passées.

Je souris devant tant d’effusions qui me semblent plus particulièrement marquées envers Pat. Mon amie reste enjouée comme à son habitude et accepte avec bonhomie le jeu de séduction déployé par Jocelyne dont le tutoiement à notre égard est immédiat.

Nous nous tenons à l’écart, laissant s’exprimer la joie des retrouvailles.
A l’intérieur de la grande maison, le carrelage du sol est impeccablement ciré,  réchauffé par de beaux tapis de laine.

Des tableaux encadrés avec goût sont accrochés aux murs blanchis à la chaux. La facture est moderne. Sans doute  un peintre contemporain et confirmé… Il s’agit d’un seul et  même modèle décliné sous plusieurs poses.  L’artiste a peint avec émotion et douceur une  adolescente pubère, aux mouvements gracieux.


Des bouquets de fleurs séchées sont pendus aux poutres centenaires. L’air encaustiqué vibre de sérénité.

Nous sommes attirés par le chevalet posé en évidence dans un angle de la salle, face à la porte d’entrée. Une photo en noir et blanc présentée dans un cadre y  est posée : c’est le portrait d’une femme, très belle, aux yeux clairs, dont  les mains fines se joignent au bas  du visage, dans une attitude recueillie. Ses cheveux longs partagés en une raie encadrent le visage. 

Tout ce décor est à la fois charmant et décalé.

Le lendemain, nous nous retrouvons autour de la table en bois sombre dans la grande salle du premier que deux petites fenêtres ont peine à éclairer.

Le petit déjeuner est dressé depuis le matin précédent. Nous partageons avec le jeune couple originaire du nord-est de la France, nos impressions de voyages : entre deux pots de confiture, nous échangeons les adresses des boutiques d’artisanat, le nom des villages à ne pas manquer,  sans oublier les restaurants dont la réputation se transmet de bouche à oreille.

Aime s’est chargée de la maîtrise  du grille pain placé en bout de table. L’appareil vétuste nécessite une  surveillance attentive si l’on veut éviter la carbonisation.

L’homme de ma vie, gêné par le manque de lumière, tâtonne à la recherche des tartines tranchées avec parcimonie sur le billot de la cuisine. Il faudra y revenir souvent pour calmer notre appétit matinal avant la journée de visites.

Pat nous fait partager sa bonne humeur :
« que disent les Italiens quand ils parlent de Mozart ? »

«….»

Jocelyne est assise sur une chaise, dans l’ombre, entre les deux fenêtres.  Elle nous regarde, nous écoute bavarder.  Notre présence suffit à son petit déjeuner.

Trop occupés à mordre dans nos tartines, nous laissons à Pat le plaisir de répondre à la devinette :

« MOZZARELA ! ».

Eclat de rire général.

Difficile de quitter la salle paisible et la conversation animée mais l’heure tourne et Florence nous attend !

Sans  nous être  consultés et dans un élan solidaire,  nous remettons tout en ordre : débarrassons la table - pendant que Jocelyne fait la vaisselle dans une bassine dont elle récupère l’eau la plus claire pour les plantes - trions les ordures dans des poubelles séparées. La table est à nouveau dressée pour le petit déjeuner du lendemain.
Manifestement notre hôtesse pratique l’écologie au quotidien.  Nous  jouons le jeu  par respect pour la journée de  travail qui l’attend : s’occuper du potager, des fleurs, conduire le tracteur, faire les courses, le ménage des pièces communes, des chambres, se bagarrer avec les hirondelles, défendre son territoire face aux technocrates de l’équipement : elle peste contre ceux qui veulent  élargir le chemin qui conduit à la ferme.

Au fil des jours, la personnalité originale de Jocelyne suscite au sein de notre petit groupe une foule d’interrogations. Nous sommes littéralement tenus en haleine par son étrangeté anachronique. Les bribes d’histoire de sa vie, qu’elle nous livre lors des conversations avec chacun d’entre nous sont patiemment collectées et mises bout à bout,  pour construire la toile de notre mystérieuse Pénélope.

Enveloppée  dans les volutes de  la fumée de cigarette,  Aime se livre à des calculs où l’on perçoit la perspicacité de responsable des ressources humaines : « elle a vécu à Paris après la guerre, elle y a fait des études…elle avait la trentaine lorsque la photo de l’entrée a été prise, probablement dans les années 1970… à mon avis elle doit avoir 66 ans ».

Pour ajouter quelques pièces à notre puzzle nous ne pouvons compter que sur la demi-heure du  petit déjeuner ou sur le bref instant de  fin de journée, à condition qu’elle ne soit  pas couchée dès 21 h,  après une journée d’activité intense.

Pourtant, un soir que nous rentrons sur la pointe des pieds ; à 22 h passées, elle nous surprend en se précipitant vers nous avec l’enthousiasme d’une adolescente : elle a sacrifié son sommeil et n’a pas résisté au plaisir de suivre un débat politique.

La classe politique italienne est encore plus que de coutume en effervescence après les élections  où Berlusconi vient d’être désavoué par les italiens qui ont élu Romano Prodi d’une courte tête.

Jocelyne  exulte littéralement devant les débats dont elle suit exclusivement la transmission, en direct, sur la chaîne 3, la seule à laquelle elle reconnaît un intérêt légitime puisqu’elle la  nourrie au quotidien de révolte et d’espérance en un avenir meilleur.

Elle a dû militer activement dans sa jeunesse…

Son élégance naturelle même dans des vêtements simples, le travail de la terre qu’elle accomplie avec la rigueur d’une pénitente,  ses convictions politiques, son goût pour l’art et la décoration en font un personnage contrasté, attachant, avec une part d’invisible qui me fascine.
Un matin, alors que nous sommes encore dans les bras de Morphée, notre « Passionaria » révèle à Aime à la faveur d’une matinée précoce, l’histoire de la photographie qui trône sur le chevalet.

Cette Mona Lisa n’est autre qu’un mannequin en vogue dans les années soixante-dix.
Son nom est « Jocelyne ».

vendredi 29 avril 2011

Un tour dans le bassin d'Arcachon

On est partis en...                                     On a pris nos...
                                                                                                         On s'est baladés autour des pré salés
On s'est reposés dans les ports
Ancien monastère bénédictin de La Réole
On a mangé des moules en plein soleil à Audenge avec un blanc très frais, on est rentrés au camping en zigue-zague roue contre roue...et puis on a pris la porte pour un au-revoir.

Les hérons cendrés, les aigrettes, les milans noirs...et ce satané coucou à qui j'aurais bien tordu le cou et qui toute la nuit cherchait quelqu'un avec qui jouer à cache-cache ; toute une population qui n'en a rien à faire du mariage royal, de Strauss, du grand Kahn et du fromage de Hollande.

dimanche 17 avril 2011

PATISSERIE D'ANDREA : LE PUDDING AU PAIN PERDU

Pour cette recette sucrée : les indispensables du placard/frigo : raisins secs (quand le paquet est entamé, conservés dans un tupperware au frigo), les oeufs, le sucre, le lait et le pain sec que je garde dans la poche en tissu.

Dans un saladier moyen, mettre le pain à ramollir auquel on peut ajouter les restes de pain de mie, de pain d'épice rassi ...Faire gonfler les raisins secs dans un bol d'eau tiède. Quand le pain est bien ramolli l'écraser à la fourchette pour homogénéiser les différentes mies et croûtes, ajouter 3 cuillères à soupe de  sucre en poudre, les raisins secs bien essorés, parfumer avec ce que vous aimez (rhum, zeste d'orange ou citron bien hâchés...). On peut ajouter/remplacer les raisins par d'autres fruits secs (abricots, pruneaux, noix etc.).
Ajouter un oeuf entier. Bien mélanger le tout à la fourchette.
Dans un moule à cake placer le papier sulfurisé beurré ou huilé et verser la préparation.
Le four sera préalablement chauffé 10 mn thermostat 5/6. Faire cuire environ 25 mn. Vérifier la cuisson avec une brochette métallique.  Si vous trouvez qu'il manque quelques minutes de cuisson, éteignez le four et laissez-le refroidir avec le moule à l'intérieur.

Ce pudding est excellent pour un goûter, un petit déjeuner du dimanche ou en dessert avec une crème anglaise.

samedi 16 avril 2011

Mises en bouches : La tapenade

C'est l'heure de l'apéro aux terrasses ! Je fais depuis des années la même recette avec les ingrédients de base que je renouvelle chaque fois qu'ils s'épuisent :
Une petite boîte d'olives vertes aux anchois,
3 filets d'anchois à l'huile ou conservés dans du sel (à faire dessaler dans l'eau 1/2 h avant)
1 cuillère à café de câpres,
1/2 jus de citron,
1/2 gousse ou 1 gousse entière d'ail suivant la quantité de tapenade qu'on veut faire,
2 cuillerèes à soupe d'huile d'olive.
Mixer le tout et servir dans des ramequins ; chacun étale cette tapenade sur les tartines de pain grillé.
On se régale !

mercredi 13 avril 2011

INFO RADIO : L'EPOPEE DE GILGAMESH


tablette relatant la légende de Gilgamesh en écriture cunéiforme.
 Nous finissons notre repas et après une journée de travail, la gym rajoute une couche à ma lassitude.  La voix traînante de Kathleen Evin sur France Inter retient pourtant mon attention assoupie. Hier soir il était question dans « l’humeur vagabonde »  de l’épopée de Gilgamesh ; Abed Azrié, musicien et chanteur syrien  vient d’enregistrer un CD+DVD à l’institut du monde arabe. Il est l’invité de l’émission.
Chaque fois que les Sumériens sont cités, je suis renvoyée à l’échec à l’oral de ma deuxième année de droit : l’examinateur n’a pas entendu le son de ma voix ce jour-là. Je suis restée muette sur  ces fichus sumériens  et leur code d’Hammurabi ! OK j’avais déjà choisi d’orienter mes études vers une carrière plus courte et plus concrète pour convoler avec l’homme de ma vie mais n’empêche que ces peuples vieux de 3000 ans avant JC me poursuivent toujours de loin en loin.
Je reconnais que je suis assez fascinée par l’histoire des religions, quoique qu’athée « Oh grâce à Dieu » comme le disait Ferrat.  Ce qui m’intéresse dans ça c’est que les religions parlent des hommes. Quand je visite une chapelle romane, une cathédrale, c’est l’homme que je vois, son œuvre transcendée, son effort. L’histoire des mythes est universelle et nous relie tous. On devrait l’ enseigner à l’école primaire. J’apprends que Jean Bottero (historien mort en 2007) était un spécialiste des sources de la Bible, qu’il était Dominicain et qu’il a été suspendu par sa hiérarchie pour avoir refusé d’attester de l’historicité de la Genèse. Il  a été contraint de redevenir laïc. C’est lui qui a traduit l’histoire de Gilgamesh, la première épopée de l’histoire de l’humanité, apparue 5000 ans avant JC, avec l’histoire du déluge itou itou (si vous voulez aller la voir à la médiathèque, c’est la tablette d’argile n°11).  Evidemment cette antériorité n’a pas été du goût de l’église.
Cette épopée du roi Gilgamesh, roi d’Uruk (actuel Irak) a été enrichie dans le temps, civilisation après civilisation (ce mythe se retrouve dans la légende d’Ulysse) jusqu’à devenir un récit mythologique dans lequel les grecs, les romains et les trois monothéismes ont pioché.
L’histoire a été brodée… un homme va être modelé par une femme qui le sauve, qui le rend intelligent (le contraire de la bible !) ça me plaît assez ! Enkidou vit en harmonie avec la nature, sauve les animaux des pièges. Un roi envoie une femme pour sauver cet homme. La femme est initiatrice de la civilisation ; elle initie l’homme à un stade au-delà de la condition masculine (grâce à sa maternité). Elle lui dit, après l’initiation « mange du pain, bois du vin ». Ah oui là il y a beaucoup de similitudes avec la Bible…
La légende du roi Gilgamesh et d'Enkidou est emblématique d’une quête vers l’amour, l’amitié au travers des diverses épreuves. Beaucoup de religions se sont passionnées pour cette légende millénaire mais cela n’était pas très bien vu.
La grande ziggurat d'Ur (Sud de l'Irak)
Abed Azrié nous dit que cette légende est l’histoire d’un cheminement de l’homme vers la sagesse. Il évolue d’une religion où les dieux sont multiples vers des religions pré monothéistes. La question qui est posée dans cette histoire de Gilgamesh est celle de l’effort que produit l’homme pour changer sa vie. Aprés la mort d'Enkidou son ami, Gilgamesh va devoir dépasser sa douleur. C'est la leçon du mythe : en passant par l’effort on devient autre chose, on devient un homme de sagesse et de connaissance.
un dernier effort ; l’homme de ma vie a débarrassé la table pendant que j’écoutais, je ferme le lave-vaisselle, j’appuie sur le bouton. J’ai gagné le droit de comater devant le film TV sur Poupoupidou (un drôle de mésopotanien). Pas mal d’ailleurs ce téléfilm.

Cinq jours à Paris, Suite...

La maison musée du romantisme.
Chacun de nos voyages à Paris est l’occasion d’une découverte et c’est encore mieux quand nous la faisons partager à notre jeune couple de déracinés. D’une fois sur l’autre nous conservons quelques dépliants qui s’entassent derrière les portes de notre « base de lancement » ou WC si vous préférez. De là nous pouvons confortablement, envisager nos futures visites, randonnées et autres escapades.
Nous avions gardé le dépliant du Musée de la vie romantique. Le dimanche 27 mars dernier le temps n’était pas assez sûr pour le pique-nique que nous avions prévu sur les bords de Marne (ce sera pour une autre fois ; à mettre dans la base de lancement !).
Nous nous sommes donné rendez-vous dans le 9ème arrondissement à midi. Nous croisons une troupe de personnes, équipés de cahiers et stylos qui traquent des informations en vue d’un rallye culturel/découverte. L’allée pavée conduit à une maison aux volets vert tendre. Cet hôtel particulier était la propriété du peintre Ary Scheffer et de son neveu par alliance Ernest Renan. Il évoque depuis 1987 l’écrivain George Sand. La partie cour est bordée de petites constructions dont nous apprenons ensuite qu’il s’agit d’anciens ateliers où Ary Scheffer travailla de 1830 à 1858. Dans ces lieux il reçut Chopin, Liszt, Lamartine, Tourgueniev, Delacroix…De quoi rêver !
Une glycine démarre sa floraison  sur les murs. Un petit jardin avec tables et chaises permet aux visiteurs de se poser. Sous une verrière attenante à la maison une grotte fait chanter une goutte après l’autre.
L’intérieur est meublé, restauré avec beaucoup de goût : les papiers peints, les tentures  donnent une impression d’authenticité. Dans les vitrines on peut voir des bijoux ayant appartenu à George Sand, un moulage de son bras, la main de Chopin… Je suis intriguée par une technique de peinture qu’a explorée George Sand : plusieurs œuvres des dendrites qu’elle a réalisées sont exposées. Les taches aléatoires faites à l'aquarelle (écrasée entre deux feuilles) sont reprises au crayon ou à la plume pour figurer la plupart du temps des paysages avec des montagnes, la végétation et des torrents ; on découvre de petits personnages (ses petites filles et leur chien Fadet) qui apparaissent perdus dans l’immensité du décor de la nature.
Ce lieu me laisse une véritable impression de quiétude et d’enchantement…On est morts de faim. Nous nous attablons à la terrasse d’une pizzeria encore déserte et profitons d’un soleil pâle avec la chaleur artificielle d’un radiateur parasol.

Conserves

Pour conserver un ½ citron.
J’ai expérimenté le truc et ça marche ! Pour conserver ½ citron et permettre une utilisation ultérieure le truc consiste à mettre le citron, partie « pulpe » dans un peu de sel au fond d’ un petit ramequin et au frigo. Vous constaterez la longévité de votre citron même après plusieurs semaines.

mercredi 6 avril 2011

MES CLINS D'OEIL

HISTOIRES DE GENDARMES...Je suis rassurée, on est bien gardés !

Ce matin, au jardin j'ai rencontré deux gendarmes faisant le pied de grue (si je peux m'exprimer ainsi) ...sur la murette.


lundi 4 avril 2011

MISE EN BOUCHE

Charlotte printanière
Le printemps stimule nos papilles ; on a envie de retrouver des sensations, des goûts qui s’étaient assoupis durant l’hiver. J’ai tenté Dimanche une entrée fraîche, à faire 2 heures avant de passer à table.
Pour 6/8 personnes

§  6 tranches de pain de mie Grillé,
§  1 fromage de chèvre frais (250 g)
§  16 olives noires
§  6 feuilles de gélatine  (ou, si vous préférez de l'Agar Agar * à base d'algues c'est plus naturel )
§  2 courgettes
§  2 tiges de basilic
§  2 c à s d’huile d’olive
§  40 g de parmesan râpé
§  20 cl de crème liquide très froide
§  Sel et poivre.
                                                                * Merci Maril. pour le conseil !

Faire ramollir la gélatine dans 2 bols d’eau froide : l’un avec 4 feuilles, l’autre avec 2.
Fouetter la crème liquide. L’incorporer au fromage de chèvre frais égoutté. Poivrez et ajouter les olives dénoyautées.
Mettre une feuille de papier sulfurisé d’un moule rectangulaire à cake et tapisser les parois huilées avec les tranches de pain de mie qu’il faut retailler.
Faire fondre les 4 feuilles de gélatine au micro ondes (5 secondes) ou au four et incorporez-les au fromage frais.
Remplir les ¾ du moule avec cette préparation.
Faire cuire les courgettes à la vapeur 8 mn après le déclenchement du sifflet de la cocotte minute (mon ustensile préféré). Mixer les courgettes avec le basilic, le parmesan. Saler. Ajouter les 2 feuilles de gélatine essorées et mélanger bien jusqu’à ce qu’elles soient dissoutes.
Verser dans le moule. Mettre au frais au moins 2 heures.
Servez frais avec quelques feuilles de salade pour la déco et le must est d’accompagner cette terrine d’un coulis de tomates ou de poivrons.
Mon avis : Facile à réaliser, très joli au coup d’œil, léger et parfumé. A tenter sans crainte.