Place Esquirol, un sapin de lumière éclaire le carrefour. Il ouvre la voie aux piétons. Ils accaparent la rue qui leur est enfin rendue. Les travaux seront bientôt achevés. Je déambule sous les étoiles. Un public joyeux flâne devant les animations : chorales improvisées, des hommes à tête d’écran... Le square se rapproche. Sur la façade du donjon défilent des images au laser. Les badauds sont charmés. Je m’enfonce sous le pavé. Le métro m'attend. Il ne se passera rien de plus le 21 décembre prochain. Simplement, dans son demi sommeil, il me serrera dans ses bras et me dira “Bon anniversaire ma chérie”. Il y a 36 ans il pleuvait du riz à gogo au sortir de la salle des Illustres. Cette année, on a mis le paquet ; ça va faire du bruit !!!
Un blog perso pour partager et transmettre mes savoir-faire, mes coups de coeur et mes coups de gueule sur la société, la politique. Je m'adresse d'abord à mon entourage, mes amis et collègues. Ce blog se veut ludique. Je souhaite qu'il soit un lien entre moi et mes enfants, petits-enfants, neveux et nièces, pour échanger dans la gaieté.
Kélerdut - Domaine des Rochers.
Kélerdut - Domaine des Rochers.
dimanche 16 décembre 2012
16 décembre 2012 à Toulouse, avant la fin du monde.
mercredi 12 décembre 2012
L'argent sans foi ni loi
J’ai découvert Monique et Michel
Pinçon deux sociologues et leur livre « L’argent sans foi ni
loi » lors d’une rencontre à la Librairie de la Renaissance à Toulouse à
l’automne dernier.
Il existe peu de sociologues qui s’intéressent aux riches. Les riches ont fait sécession : ils sont en train de se constituer en créateurs de richesses. C’est grâce à eux (d’après eux) que nous avons des emplois. Si on n’est pas à leur botte ils menacent de partir à l’étranger. Ils se posent en victimes.
Méthode : ils ont dématérialisé l’argent. L’argent a une prétention à l’universel (lien social). Il a été dévoyé par la classe dominante. A la sortie de la 2ème guerre mondiale les USA ont signé les accords de Bretton Woods : toutes les monnaies du monde ne sont plus indexées sur l’or. Seul le dollar est indexé sur les réserves d’or. Le dollar devient la monnaie universelle.
Le 19 octobre 1985 puis en 2008, la crise est mondiale : on nous a fait croire qu’on a besoin des banques pour vivre. Hors, ce sont les crises qui permettent au système de rebondir. On nous fait croire que pour sauver le monde il faut renoncer à tous les avantages sociaux acquis au fil des siècles.
Les riches sont réunis par une très forte communauté idéologique. Dans les classes moyennes et populaires il y a beaucoup de dispersion au moment du vote alors que dans le milieu des riches le vote de classe est unique.
Que faire pour lutter contre cette classe ? (la lutte des classes existe toujours bel et bien !)
Monique et Michel Pinçon nous engagent à suivre leur exemple. Il faut fédérer tous les mouvements ; faire en sorte que tous ceux-ci soient r a d i c a u x !
J’ai profité de leur présence pour leur
faire dédicacer leur dernier ouvrage : ils étaient côte à côte devant une
mini table, complices dans la vie comme dans leurs livres. Monique est un petit
modèle, pétillante et enthousiaste malgré le marathon de ces 2 jours passé à
Toulouse. Michel écrit le texte sur la page de garde. Il est plus réservé mais
aussi mordant dès qu’on le met sur les rails. On voit bien qu’ils sont fatigués
mais ils sont là pour faire le job : transmettre et convaincre. La salle
est déjà acquise. C’est un petit amphithéâtre chaleureux qui jouxte la librairie
et l’imprimerie, toutes deux gérées par le Parti communiste. Grâce à ces militants
et ses sympathisants la Librairie est un vrai lieu de partage et d’éducation
populaire.
Une petite synthèse
de cette rencontre
Monique Charlot
ditIl existe peu de sociologues qui s’intéressent aux riches. Les riches ont fait sécession : ils sont en train de se constituer en créateurs de richesses. C’est grâce à eux (d’après eux) que nous avons des emplois. Si on n’est pas à leur botte ils menacent de partir à l’étranger. Ils se posent en victimes.
Méthode : ils ont dématérialisé l’argent. L’argent a une prétention à l’universel (lien social). Il a été dévoyé par la classe dominante. A la sortie de la 2ème guerre mondiale les USA ont signé les accords de Bretton Woods : toutes les monnaies du monde ne sont plus indexées sur l’or. Seul le dollar est indexé sur les réserves d’or. Le dollar devient la monnaie universelle.
Le 15 août 1971, R. Nixon annonce que le
dollar n’est plus indexé sur les réserves d’or. La valeur du dollar va changer
tous les matins. La planche à billets fonctionne à plein régime.
En 1973, une loi interdit à la banque de
France (nationalisée en 1945) de prêter de l’argent à l’état français. L’argent
est transformé en arme financière pour détruire les états et asservir les
peuples. Désormais, l’état français devra s’alimenter sur les marchés
financiers (argent privé).Le 19 octobre 1985 puis en 2008, la crise est mondiale : on nous a fait croire qu’on a besoin des banques pour vivre. Hors, ce sont les crises qui permettent au système de rebondir. On nous fait croire que pour sauver le monde il faut renoncer à tous les avantages sociaux acquis au fil des siècles.
L’Europe est aujourd’hui la cible des
USA. La banque européenne fait fonctionner la planche à billets pour
« aider » l’Espagne, la Grèce… à condition que les politiques
d’austérité soient à la mesure des désirs de Goldman Sachs.
Michel Pinçon : Le
rôle de l’argent dans l’existence de la classe dominante.
Pour appartenir à la classe dominante il
faut avoir un patrimoine mais cela ne suffit pas. Que ce soit dans les
affaires, dans l’industrie, etc. il faut avoir (de naissance) les bonnes
manières. Il faut être adoubé par les membres de la classe pour être accepté
dans ce milieu.
L’argent donne du pouvoir sur le temps
et l’espace ; il permet d’habiter dans de beaux quartiers. La classe
dominante voit d’un mauvais œil l’arrivée dans ces quartiers de nouveaux riches
(monde du spectacle, du sport) qui ne sont pas nés riches.
Transmission : quand on a un patrimoine important
on ne peut pas ne pas se poser la question de la transmission. Les familles
riches ont un rapport à la vie différent de celle des ouvriers car ils
inscrivent leur existence dans une grande amplitude.
Culture et éducation : les familles riches envoient
leurs enfants dans des écoles particulières. La culture est familière et fait
partie du quotidien…Les gens riches deviennent collectionneurs. A un certain
niveau de richesse il y a la possibilité de créer. François Pinault a créé deux
musées à Venise.
L’argent n’est pas seulement un pouvoir
d’achat, c’est un pouvoir symbolique extraordinaire : on apprend à se vêtir,
on acquiert la « classe ». Cette « classe » ne tombe pas du
ciel, c’est bien le résultat d’une culture. La classe des riches est une classe
très mobilisée. Elle se réunit dans des cercles. Le libéralisme est roi !
Et dieu dans tout ça ? Monique nous
dit que la religion est une variable secondaire.
PolitiqueLes riches sont réunis par une très forte communauté idéologique. Dans les classes moyennes et populaires il y a beaucoup de dispersion au moment du vote alors que dans le milieu des riches le vote de classe est unique.
Au détour d’une remarque de Michel
Pinçon on apprend qu’Elisabeth Guigou est un membre actif et influent de la
commission trilatérale en France ;
elle fait partie de ces cercles du pouvoir. E.
Guigou a présidé en 2008 une session de cette organisation, et présidé une de ses séances dont
l'intitulé est "Sauver l'Europe de la tyrannie des référendums" ! Les
auteurs du livre rapportent des éléments du compte-rendu du style : "Le
référendum irlandais a été humiliant, et prouve que les référendums sont des
mécanismes purement destructifs." ou encore : "L'Union européenne a
besoin de traités, et les référendums tuent les traités" ! –note trouvée
sur le blog de Médiapart –
Monique et Michel Pinçon
s’accordent à dire et à écrire que cette classe recherche l’entre soi. C’est
une communauté avec ses valeurs, sa langue.
Comment les sortir de
leur ghetto ? Leur ghetto était les hôtels particuliers de l’avenue des
Champs Elysées. Aujourd’hui cette avenue abrite beaucoup de bureaux et est
envahie de touristes. Du coup de nombreux riches l’ont quittée. Ils ont investi
d’autres espaces plus tranquilles.Que faire pour lutter contre cette classe ? (la lutte des classes existe toujours bel et bien !)
Monique et Michel Pinçon nous engagent à suivre leur exemple. Il faut fédérer tous les mouvements ; faire en sorte que tous ceux-ci soient r a d i c a u x !
Tout
cela peut paraître banal et le rendu d’un tel moment d’échange fait un peu
figure de vieille lune mais c’est autre chose d’y assister.
J’ai
beaucoup aimé l’exposé revigorant de ces sexagénaires explosifs, le
discours parsemé des anecdotes du vécu : comment s’introduire chez Nadine
de Rothschild en gagnant la
confiance de la « bonne » ;
leur expérience d’une chasse à courre … ET toujours cette critique
distanciée, l’œil aux aguets. J’admire surtout la fidélité à leurs convictions
que rien n’ébranle et qu’ils font partager aux jeunes générations des grandes
écoles (comme la veille à Sciences Po) subjuguées d’entendre enfin un autre
discours !
lundi 16 avril 2012
Découvrir Le Corbusier
Il y avait bien longtemps que nous n’avions pas rendu visite à notre amie stéphanoise. Un ensoleillement exceptionnel pour une fin de mois de mars a débarrassé St Etienne de sa grisaille. Pourtant le crassier est toujours là, témoin du passé minier, surplombant la ville et sa grand’rue où glissent les trolleys étroits.
Aujourd’hui finie la mine, finie la sidérurgie, la métallurgie, le textile, des pans entiers d’une économie sacrifiée ! Quelques fantômes rappellent l’histoire : des bâtiments de la richesse industrielle demeurent comme celui de la manufacture d’armes avec l’espoir d’une reconversion de St Etienne en cité du design (sa construction a pris 5 ans !).
Autre aperçu d’une cité rêvée : les réalisations de Le Corbusier.
Flashback : années 1960, dans l’embellie économique et démographique le projet de l’architecte Le Corbusier voit le jour avec l’Unité d’Habitation de Firminy (dernière des quatre unités françaises et la plus grande par sa taille -originellement 414 logements).
Je découvre cette barre immense sur la colline proche du centre de Firminy. dimanche 18 mars 2012
Les poules de réforme.
Les poules de réforme
Pause déjeuner : nous picorons nos barquettes posées sur le plateau de la cantine et la conversation s’engage avec ma voisine de banquette, sur ses activités de fermière. Lorsqu’elle abandonne ses chiffres et éteint son ordinateur, ma collègue rejoint sa campagne, son compost et ses poules. Elle les achète auprès d’éleveurs industriels. Ce sont des poules de réforme.
Je savais qu’il existait des soldats réformés pour des causes diverses (handicaps physiques ou psychologiques), des chiens guide de réforme (qui révèlent des inaptitudes suite à un stress, traumatisme) mais je découvre qu’il existe aussi des poules de réforme.Elles vivent posées dans des cages, dans une température douce et constante. Le grain tombe sans qu’elles aient à le chercher, elles n’ont pas de plumes, leurs ongles poussent…la belle vie quoi ! Très vite elles s’étiolent, leur production d’œufs diminue et elles sont bonnes pour la réforme.
Débarquées dans le poulailler de Michèle, elles vivent une phase de stupeur en découvrant l’immensité du territoire. Leurs pattes à la peau fragile se hérissent d’échardes. Elles clopinent tant bien que mal sur leurs ergots trop longs et cherchent désespérément leur boa pour se protéger du froid.
Au bout de 15 jours elles se sont adaptées, leurs plumes ont poussé ; bientôt leurs œufs seront bons à consommer. Elles ont gagné un supplément de vie inespéré.
Sur le molleton de la banquette, nous avons fini de picorer nos assiettes, une douce chaleur s’installe. Les plumes de Michèle sont encore teintes en noir. J’ai laissé blanchir les miennes. Nous ne sommes pas loin de ressembler à deux poules de réforme !lundi 20 février 2012
Les cannellonis de Noël
Recette cannellonis.
« Els canelons de Nadal »
Ingrédients pour 6 personnes.
- 20 cannellonis
- 200 g de blanc de poulet
- 1 foie de poulet
- 150 g de veau
- 200 g d’échine de porc
- 1 cervelle d’agneau
- 2 poireaux
- 1 tomate
- Deux oignons
- Origan et laurier
- 1 petit verre de xérés
- 1 petit verre de cognac
- 1 cuillère de farine
- 100 cc de lait
- 50 g de beurre
- Huile d’olive et sel
Couper le porc et le veau en petits morceaux, de même que les oignons et poireaux, la tomate pelée. Dans un faitout verser un peu d’huile et faire revenir la viande de porc et de veau ainsi que les légumes cités. Ajouter les herbes aromatiques.- Saler et cuire à feu doux couvert 20 à 30 mn. Ajouter les filets de poulet, le Xéres et le Cognac jusqu’à ce que la viande soit ramollie.
- Ajouter un peu d’eau si nécessaire. Incorporer le foie de volaille et laisser cuire 5 mn.
- Ebouillanter la cervelle d’agneau (eau + sel) 5 mn. L’écraser à la fourchette. Réserver.
- Enlever du faitout les viandes cuites et les hacher. Tout ce qui est resté dans le faitout est mixé (enlever les feuilles d’origan).
- Ajouter à ce mélange 1 cuillerée de farine et 100 cc de lait.
- Mettre à cuire jusqu’au début de l’ébullition tout en remuant. Ajouter la viande hachée + la cervelle. Remuer jusqu’à l’obtention d’une pâte consistante.
Conseil important : une préparation faite la veille et conservée au réfrigérateur facilitera le remplissage des cannellonis car le mélange doit être froid pour être mis dans les carrés de pâte.
Cuisson des cannellonis : Porter une grande quantité d’eau à ébullition avec un peu d’huile. Jeter les carrés de cannellonis un à un en évitant qu’ils ne se collent entre eux.
Egoutter les carrés dans une passoire et déposez-les un à un sur un torchon à plat.
Placer à l’aide d’une cuillère une petite quantité de farce sur un côté du carré et enrouler. Déposer dans un plat. Faire une béchamel souple et déposer du gruyère par-dessus. Faire gratiner le tout.
Bon appétit !
Les cannellonis de Noël
A chaque fois, c’est pareil ! Je me dis que je vais profiter de ces quelques heures pour me consacrer à mon journal et voilà que je me saisis de l’éponge, du liquide qui va avec et frotte que je frotte ! Cette fois j’ai lutté pour laisser de côté ménage, bricolage et autres prétextes pour reprendre le plaisir de l’écriture.
Les mois ont passé depuis le dernier message. Noël a rempli la maison de la famille réunie autour de notre table. Nous avons inauguré la nouvelle formule pour ce repas annuel intergénérationnel et avons décidé d’alléger les parents de cette soirée du 24 décembre qui commence à peser sur leurs épaules d’arrières grands-parents.
J’ai eu un grand plaisir à réaliser trois semaines avant le grand jour, avec mon père, les cannellonis qui sont de tradition à Noël en catalogne. J’ai vécu cette journée d’intimité culinaire comme une véritable transmission et bien sûr comme un moment privilégié car il est rare de passer plusieurs heures ensemble sans être happés par diverses sollicitations. Je m’interroge souvent sur l’énergie qui sera la mienne à un âge avancé comme celui de mon père.
La fabrication de ces petits roulés de pâte farcis de viande enfouis sous une béchamel crémeuse m’a ramenée à l’enfance. Je revois les petits carrés étalés côte à côte sur le grand torchon blanc. A mon tour je plonge les carrés dans l’eau bouillante…et j’apprends que j’ai encore à apprendre. Les carrés de pâtes se collent ensemble ! Nous sommes arrivés au bout de l’épreuve après 5 heures de travail. Le résultat était à la hauteur heureusement. La congélation permet une préparation anticipée qui allège beaucoup cette journée de fête pour les hôtes.
lundi 28 novembre 2011
Entre Gaillac et Rabastens
Nous avions passé la journée dans « le terroir », comme le qualifient mes enfants qui ont été adoptés par le 18ème parisien. Ils auraient certainement apprécié le foie gras d’oie, le civet de sanglier, le champagne et les anecdotes truculentes qui ont accompagné la ripaille. Nous avons rendu visite à mes beaux-parents dans le cimetière encore fleuri depuis la récente fête de la Toussaint et là, nous avons évoqué le souvenir de nos anciens. Leur caveau est modeste comparé au « mausolée » ostentatoire des gitans et comme à chaque fois l’un des beaux-frères ne manque jamais de le faire remarquer ; il est encore une fois le centre d’intérêt du cimetière, le sien en tout cas, et je ne peux m’empêcher de penser que ce tombeau recouvert d’une verrière cristallise toute ses peines, ses regrets et ses peurs. L’allée qui borde ce caveau déborde toute l’année de gerbes et de bouquets. Les « romano », les gitans ne sont pas très bien vus au « terroir ». Ah, ces estrangers, ces voleurs de poules, pendant combien de générations encore, devront-ils s’entendre qualifier ainsi. J’ai arrêté depuis longtemps de relever ces réflexions et décide de rester réceptive au plaisir des retrouvailles annuelles, d’une sensation de bien-être après nos excès de table et de boisson mais aussi de franche rigolade.
Nous reprenons la route vers Toulouse, nous, les petits-fils d’immigrés qu’on a qualifiés de « sales espagnols », ces romanos qui hier n’ont fait que franchir les Pyrénées, comme d’autres n’ont fait que traverser la méditerranée : tous des voleurs de poules, aujourd’hui voleurs d’ allocations familiales.
Deux heures plus tard je suis sur une autre planète : dans le cadre de la Semaine de la solidarité internationale, nous assistons à un débat avec Geneviève Azam et François Lille autour de la thématique : « Biens communs et biens publics : reconstruire la solidarité internationale » organisé par le collectif SSI, Survie Midi Pyrénées et ATTAC 31.
J’éprouve régulièrement le besoin d’assister à ces rencontres car elles m’informent et m’enrichissent plus facilement qu’en lisant un article de journal ou un livre. Nous voici au milieu d’une cinquantaine de personnes dont la moyenne d’âge se situe aux alentours de 40/50 ans. Ce que j’ai retenu…
G. Azam (enseignante-chercheur à l'université Toulouse 2 - Le Mirail, économiste et militante altermondialiste (membre du conseil scientifique et du conseil d'administration d'Attac France), nous dit
§ que les « biens communs » (les ressources naturelles, les espaces qui étaient communs avant la révolution industrielle…) ont quasiment disparu au 20 è siècle au profit des biens privés. L’idée de communauté heurtait alors la pensée libérale car on tendait à l’associer à l’idée de communautarisme. Elle cite l’exemple de la régie municipale d’électricité. Le terme réapparaît à partir de 1960 « régie des communs ». L’idée répandue est que la gestion commune conduit à un gaspillage des ressources.
Une référence : Garett Hardin « The Tragedy of the Commons » (1968) est partisan de la création de droits de propriété pour que les ressources naturelles puissent se renouveler. « Les biens communs ne sont justifiables que dans le cas de faible densité de population. Comme la densité a augmenté, l’idée de libre accès doit être abandonnée car elle a pour conséquence le gaspillage et ne peut conduire qu’à la tragédie de leur disparition ». Dans les années 1980/1990 la nature est considérée comme un capital qui travaille tout seul, comme capable de reproduire indéfiniment des services gratuits. Ce capital naturel à conduit à l’accaparement des (biens) communs.
Mélina Rostrom a obtenu le prix Nobel en montrant, contrairement à ce que soutient Hardin, que la gestion commune des ressources rares était plus efficace que la gestion privative ou étatique.
Remarque : 1/3 de la population mondiale vit des communs ! C’est l’Afrique qui est le plus menacée par cet accaparement des communs.
§ 2 conceptions historiques de la propriété :
- la propriété « Usage », elle donne le droit d’user mais pas d’abuser. Les communs peuvent être gérés démocratiquement. Ils ne peuvent être fractionnés. C’est une conception holistique (communs vus comme un ensemble).
- La généralisation du système des brevets comme modalité quasiment exclusive de protection conduit d’abord à étendre les droits de propriété. En Europe, l’extension des brevets en matière de protection végétale illustre cela…Les brevets qui portent sur les gènes eux-mêmes, illustre l’extension illimitée des droits de propriété. Cette extension est encore renforcée par l’effacement de la frontière entre invention et découverte. Les brevets ne sont plus seulement posés à l’aval de la connaissance, mais de plus en plus à l’amont.
Pour la 2ème conception, désolée mais j’ai eu une petite somnolence…je rêvai qu’ un sanglier traversait l’autoroute et venait s’empaler sur le Kangoo. Entre un sanglier et un Kangoo y’a pas photo. Le sanglier finit au congélateur (non ça c’est pas possible y’a déjà les cannellonis qui attendent sagement noël, mais après tout c’est un rêve, tout est possible…) et les poils de sanglier deviennent des pinceaux (on dirait du Prévert).
…Face à la crise internationale nous sommes obligés de trouver des solutions tous ensemble au travers d’un dialogue des civilisations.
G.Azam évoque Karl Polanyi, économiste hongrois dont le livre La grande transformation. Aux origines politiques et économiques de notre temps, Gallimard, Paris maintient deux thèses principales :
- L'économie de marché libre est une construction socio-historique et non un trait de la nature humaine. Ce n'est que depuis les années 1830 que le marché économique est conçu comme une entité à part entière, obéissant à des lois fixes indépendantes des cultures humaines.
- Les interventions étatiques sont des politiques spontanées en réaction aux dérégulations du marché. Cette thèse prend à contre-pied l'idée exposée par Hayek d'un marché économique spontané entravé par les interventions de l'État.
François Lille (économiste CNAM, chercheur indépendant, cofondateur de l’association BPEM (Biens publics à l’échelle mondiale, 2000/2006), et Membre du Conseil scientifique d’Attac) poursuit : « la terre, le travail, l’argent, le savoir, ne sont pas une marchandise ». Le militant a une voix basse et traînante ; le discours est difficile à appréhender à 22 heures passées…
J’ai bien aimé l’idée que la mondialisation a pris le relais du colonialisme : il est vrai que la bête à profits se régénère et trouve toujours les moyens de s’adapter et que nous devons prendre conscience que nous sommes des prédateurs universels. Bon là faut pas exagérer, y’a des gentils aussi, d’ailleurs on en est la preuve dans cette salle.
22 h 30, un jeune demande : « que dois-t-on faire alors ? ».
Geneviève Azam trouve les mots justes pour qu’on ne parte pas trop accablés de la réunion : « La situation est moins désespérée que dans les années 1980 car les problèmes sont sur la table aujourd’hui. C’est incroyable que la question du nucléaire puisse être remise en question en France ! Et on a fait reculer la question des gaz de schiste grâce à une mobilisation formidable».
Là Geneviève marque un point. Ca m’a regonflée le moral. C’est super de finir sur une note optimiste. C’est décidé, l’été prochain, pour la 4ème fois, on repart dans les Cévennes !
vendredi 11 novembre 2011
Convivium : un excellent resto.
C'est à Toulouse, dans le quartier des Carmes, entre le Parlement et la place Esquirol, au 37 rue Pharaon que j'ai découvert et apprécié ce restaurant dit Italien "Convivium". C'est recherché et on est loin de ce qu'on pourrait attendre de la cuisine communément associée aux traditionnelles pâtes et pizzas.
A midi, outre la carte, deux formules abordables avec un menu à 23 € environ ou bien un plat et dessert à 19 € (de mémoire). On atteint vite, avec le vin et café les 35 € ; c'est d'un très bon niveau, avec une présentation très soignée et des surprises sur les papilles.
Dans une salle en longueur, une photo traîtée en fresque suggère sur un mur une façade italienne. Sur le mur opposé la brique rose toulousaine fait écho à l'orangé napolitain. La déco est sobre et confortable, la fréquentation bourgeoise.
Dans les assiettes on sent un vrai travail avec des produits dont certains viennent directement de "là-bas". Les plats sont annoncés et détaillés (un peu trop vite pour être compris). On se croirait dans un grand restaurant, on se prend pour ce que l'on est pas. On nous fait patienter avec des mises en bouche, ce qui est bien agréable et la découverte culinaire nous transporte très loin de notre quotidien.
Je ne suis pas coutumière de ces endroits et j'ai peu de références en la matière mais là je suis sûre de mon coup !
mercredi 9 novembre 2011
VOYAGE EN CRETE : L'histoire de Spinalongua par Victor Zorbas
Au nord est de la Crète se trouve l’île de Spinalonga. En recherchant les visites à faire pendant notre séjour, je suis tombée sur le site internet d’Alpha & Omega qui m’a fait découvrir un personnage au nom évocateur : Victor Zorbas. Le visage de Zorba le grec joué par Antony Quinn s’impose dans mes souvenirs cinématographiques qui remontent à l’enfance. J’entends la musique, je revoie les pas de danse sur cette plage de cailloux. C’est décidé je veux rencontrer ce Victor Zorbas qui propose de nous servir de guide après un rendez-vous dans un café où il se tient tous les jours à Plaka.
Il est là, comme prévu, grand, soixante dix ans passés, la démarche légèrement chaloupée de quelqu’un qui a subi une intervention de la hanche. Il connaît son affaire et nous propose dans un français impeccable de nous faire découvrir la Véritable histoire de Spinalonga. Il est passionné par son sujet auquel il a consacré des années. Il annonce le tarif de sa prestation : nous sommes trois. Il nous en coûtera 60 euros pour une balade guidée dans les hauteurs à la découverte de…chut ! Il ne veut pas nous en dire davantage, ménage ses surprises. Cette île où furent cantonnés des lépreux recèle une autre vérité.
J’ai proposé que nous prenions notre véhicule. Je préfère conduire afin qu’il soit tout à son histoire. Deux femmes, un homme, le mien et c’est moi qui conduit. Il m’interroge : vous savez conduire en montagne ? Je confirme. Et nous voilà partis à la recherche du village où un film a servi les intérêts d’une histoire revisitée. Ca vire, ça tourne dans ses montagnes couvertes d’oliviers. C’est là que vivaient simplement les lépreux, en autonomie, cultivant les oliviers.
Spinalonga, rocher aride fut au début le refuge des chrétiens de Crète alors que celle-ci était occupée par les romains. Lorsque la Crète est occupée plus tard par les Vénitiens, les attaques des turcs vont amener le gouverneur à bâtir sur ce rocher une forteresse. Vénitiens et Grecs ont repoussé héroïquement l’envahisseur turc. L’île de Spinalonga est restée turque pendant 200 ans. En 1898, la Crète est libérée. Les habitants turcs doivent alors quitter la Crète.Après Le gouvernement Crétois ne peut user de la force pour se défaire des turcs, car l’armée française protège les turcs suite à l’ accord de paix signé en 1898.
Le gouvernement crétois trouve alors le moyen de se débarrasser des turcs par la peur, la peur de la lèpre. C’est là que les lépreux sont déportés sur cette île qu’on appellera plus tard l’île des maudits.
Le film réalisé il y a une dizaine d’années a utilisé une population maquillée en « lépreux », et à créé de toutes pièces un décor idyllique avec échoppes d’artisans, magasins d’alimentation, bref un petit paradis qui se voulait être la vie des lépreux à Spinalonga. Nous sommes dans la montagne à quelques kilomètres de Plaka et de Spinalonga. V. Zorbas nous présente les mamies vêtues de noir qui ont fait office de figurantes, le carton pâte qui subsiste dans les ruelles (sur de fausses voutes, ou de faux escaliers) pour une histoire qui devait servir à épargner l’image du gouvernement Crétois et l’horreur qu’il a provoquée avec une colonie de lépreux sur « l’île des maudits » et qu’il a toujours nié.
Il fait un temps magnifique, il fait chaud mais ça jette un froid ! Le récit de V. Zorbas est captivant. Il nous conduit vers un olivier multicentenaire dont le tronc tourmenté, les creux et bosses sont symboliques du visage de la lèpre. Tous les ans une commémoration réunit autour de l’olivier, les descendants des lépreux.
Nous ramenons V. Zorbas à Plaka où un bateau nous conduit sur l’île. V. Zorbas nous en a montré la ressemblance frappante avec la forteresse d'Alcatraz à qui elle aurait servi de modèle. Nous quittons ce témoin passionné. Il a trouvé un moyen qui n’est certes pas désintéressé mais qui marque mon souvenir avec des images, une histoire qui peut rejoindre d’autres histoires de populations injustement déplacées.
lundi 7 novembre 2011
Décorer une table pour Noël en famille
Certains diront que je m'y prends bien tôt. Je sais, c'est mon côté "prévoyant". Cela prend aussi un certain temps de penser à la déco et comme j'aime que la maison soit accueillante je m'y consacre deux mois avant. La déco prend du temps surtout si on la réalise soi-même.
Au hasard de cueillettes à proximité de chez moi je découvre des éléments naturels que j'assemble avec l'objectif d'une harmonie en blanc et or, à peu de frais.
J'ai réalisé une déco pour un bougeoir et des marques-places et me suis inspirée d'un blog splendide sur la déco des tables lestablesdecorativesdestef.over-blog.com.
J'observe et je glane de nombreuses idées dans les magasins et j'essaie d'en tirer le meilleur parti.
Au hasard de cueillettes à proximité de chez moi je découvre des éléments naturels que j'assemble avec l'objectif d'une harmonie en blanc et or, à peu de frais.
J'ai réalisé une déco pour un bougeoir et des marques-places et me suis inspirée d'un blog splendide sur la déco des tables lestablesdecorativesdestef.over-blog.com.
J'observe et je glane de nombreuses idées dans les magasins et j'essaie d'en tirer le meilleur parti.
Le pied conique du bougeoir est recouvert de carton léger sur lequel sont appliquées des pommes de pin en forme de roses (ben oui ça existe). Je les ai faites tenir tant bien que mal avec de la pâte à fix et ficelées de lin. Les interstices sont comblés par des plumes blanches.
Les marques-place : petits fagots constitués de branches fines liées d'un fil de lin. Pour l'effet neige, un petit coup de bombe. Découpage d'un tissu de coton (éfiloché sur les bords) et accroché au fagot. Le prénom des convives est écrit au stylo doré.
Pour faire de beaux rêves...
Après l'arbre pour Elle il fallait bien faire un univers pour Lui : "des planètes Yaya !". J'aurais bien peint des poissons mais impossible de résister à mon petit bonhomme de 4 ans et demi.
Je trimballe mon attirail de peinture acrylique, de gouache et pinceaux et sur un mur déjà peint de bleu j'ajoute des planètes, un cosmonaute et quelques étoiles...Je me demande toujours comment ils ont pu se poser sur la lune et j'ai toujours une impression d'angoisse à l'écoute des astrophysiciens. J'avais déjà ce sentiment de vide sidéral quant le prof de philo en terminale nous parlait de Pascal de l'infiniment grand et de l'infiniment petit. La peinture parfois ça donne le vertige !
mercredi 19 octobre 2011
La misère : la refuser mais ne pas refuser de la voir.
Mardi 18 octobre, du foot du Canal+ et un téléfilm sur France 3 « Joseph l’insoumis » sur la naissance d’ATD Quart monde. Je n’hésite pas une seconde : je n’ai pas Canal+ et mon homme a choisi de voir le foot chez ses beaux-parents sur un écran grand format où on peut distinguer sans problème la couleur des crachats des footeux. Très peu pour moi.
Le film de Caroline Glorion est formidable par ses acteurs professionnels, Anouk Grinberg et Jacques Weber, tous deux excellents mais aussi grâce aux vrais gens (comme le dit plus tard A. Grinberg) qui arrivent à avoir un jeu alors que c’est de leur vie misérable qu’il est question. L’actrice est encore dans l’émotion des personnalités fortes qu’elle a rencontrées et des leçons qu’elle en a tirée. Le camp de Noizy-le-Grand au début des années 1960 comprend des centaines de familles dans un bidonville sans eau courante ni électricité. Le prêtre ouvrier J.Wresinski se consacre entièrement à ces familles qu’il s’acharne à mobiliser face aux élus politiques, et qui lutte pied à pied contre la police, les assistantes sociales qui harcèlent les familles dont on vient enlever les enfants de force. Il faudra des années pour que J. Wresinski obtienne le relogement des familles dans des maisons carrées. Ces luttes ont donné Aide à Toutes Détresses « ATD Quart Monde ».
L’émission de Taddeï « Ce soir (ou jamais !) » qui suivait était aussi passionnante avec des invités très différents par leur expérience sur le terrain de la misère. L’actrice principale du film Anouk Grinberg m’a bouleversée dans sa vérité en parlant des contacts très forts qu’elle a eus avec ces personnes en grande pauvreté. Le discours de Martin Hirsch était un peu plus policé ; on sent qu’il navigue dans des sphères du pouvoir. Je pense que c’est un honnête homme car cela fait longtemps qu’il se bouge contre l’exclusion ; il a quitté le gouvernement en 2010, un bon point.
J’ai beaucoup apprécié les interventions de l’écrivain Joy Sorman qui a parlé de son vécu lors d’une semaine d’observation à la Gare du Nord "Paris Gare du Nord" (l’arbalète Gallimard). Elle a aussi écrit "L’inhabitable" (éditions alternatives), le récit de sa déambulation dans les habitats les plus insalubres de la capitales, un livre écrit avec l’architecte Eric Lapierre. Après ce genre d’expérience on doit avoir du mal avec les cocktails et les Ferrero Roche d’or chez l’ambassadeur ! Elle ne doit pas beaucoup fréquenter ce genre d’endroit.
J’ai aussi découvert dans ce magazine une autre pointure : Daniel Terrolle consacre ses recherches au devenir des SDF et au tabou social qu’ils représentent. Il défend notamment la thèse qu’il existe un marché de la pauvreté "La lutte contre "la grande pauvreté" : un marché ?" et "L’arrière cour de la mondialisation. Ethnographie des paupérisés" (Editions Du Croquant).
Ils se sont bien accrochés avec Hirsch sur le tabou social que représente la misère et je me suis dit que ça allait enfin donner un peu d’ambiance mais tout le monde est resté très bien élevé.
Anouk Grinberg a écarquillé les yeux dans une incompréhension totale lorsque F. Taddeï a posé candidement la question du choix pour les familles entre laisser leurs enfants à l’assistance publique ou les garder prés d’eux dans la pauvreté avec tout ce que cela suppose de violence de déchéance etc. La sauvegarde des enfants dans une possible seconde chance au travers de l’assistance publique était implicite. Elle s’est maîtrisée avec beaucoup d’intelligence et a finement remis le journaliste à sa place.
Des extraits d’interviews du Père Joseph Wresinski ont été donnés. Il est mort en 1987 peu après la création ATD Quart Monde qui avait le soutien de Geneviève de Gaulle.
23 Heures à la pendule. Je veux lire quelques pages de mon polar suédois. Faut faire des choix. Je lâche Taddeï dont l’émission se poursuit. Dommage ! Il est bien ce magazine.
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