Kélerdut - Domaine des Rochers.

Kélerdut - Domaine des Rochers.
Kélerdut - Domaine des Rochers.

lundi 7 juillet 2014

A bicyclêêêêêêêêêêêêêêêêête !

Le dépliant mentionne un parcours de 20 kms sur terrain plat, durée en vélo : 1 h 45 mn. La balade a pour but de faire découvrir le territoire de la côte de Torreilles proche de Perpignan. La température est déjà chaude à 9 h 30 quand nous enfourchons nos vélos. Qu’il est bon ce petit vent qui nous accompagne. Le sentier est d’abord sableux, il longe la plage. Il est  bordé de tamaris, de canisses, de rares bruyères. Nous arrivons sur les berges de l’Agly ; la rivière est large, le chemin caillouteux. Sur les hautes tiges de pimpinella anisum, les escargots en grappes se sont regroupés pour l ‘ apéro « Pastis ». Nous croisons des cultures maraîchères, des artichauts dont le parfum vient jusqu’à nous, des vignes et des vergers chargés des abricots rouges du Roussillon. Un splendide abricotier nous interpelle. Je préfère ramasser les fruits tombés au pied de l’arbre, plus mûrs mais aussi salis par la terre en poussière. Une fois essuyé, le délicieux goût du fruit chapardé nous amène à l’inévitable commentaire : « y’a pas photo, rien ne vaut le plaisir de manger le fruit à l’arbre ». Le soleil prodigue et les limons abondants laissés par les débordements de l’Agly ont permis toutes ces cultures. Ces chemins m’en rappellent d’autres, des sentiers de terre poussiéreuse, de briques concassées bordés de la même végétation méditerranéenne ; à mon âge on est de plus en plus souvent rappelée à des souvenirs d’enfance. C’était de l’autre côté des Pyrénées, en Catalogne, dans les alentours de notre lieu de vacances familial. Mais je m’égare…
Le sentier nous conduit près d’une exploitation agricole qui s’est spécialisée, grâce aux roseaux,  dans la fabrication de anches pour instruments. C’est en luttant contre le vent que le roseau produit sa résistance. Le circuit est bien balisé, aucun risque de se perdre : on reconnaît sans peine les Agulles, ces canaux qui servent à l’écoulement des eaux pluviales, et enfin les aménagements arborés de la rivière le Bourdigou. Je craignais pour mon coccyx après plus d’une heure de chevauchée mais les précédentes balades l’ont adapté à la selle. Ma Rossinante en redemande…On s’approche de la plage sud en espérant apercevoir quelques adeptes de naturisme ; nada ! Pas le moindre bout de peau habituellement cachée au regard ;  par contre nous nous émerveillons devant les cactus aux fleurs jaunes. Plus loin sur la piste, les maisons du « village des Sables » nous surprennent par leur architecture : elles s’intègrent discrètement dans le plat pays du littoral et paraissent à demi-enfouies avec leurs bâtiments en forme de parenthèses au milieu duquel on distingue un jardin. On dirait qu’elles protègent de leurs bras les habitants.
Nous arrivons à la plage de Torreilles, une plage immense au sable gris et poussiéreux. Un blockhaus hideux couvert de tags y rappelle la 2nde guerre mondiale.
La boucle est terminée. Je doutais a priori de l’intérêt du circuit. Je me trompais. On peut trouver dans des lieux très « touristiques » des chemins qui permettent d’aller à la rencontre de paysages qui ont leur authenticité, à condition de regarder.




dimanche 22 juin 2014

La Glycine



Bien sûr j’ai entendu ses arguments : son grand âge, sa magnifique floraison au printemps et patati et patata…

Pas question de remettre ça à plus tard ; Elle s’est beaucoup épaissie et risque de rompre les portants de la tonnelle.

Je vais livrer le combat avec mon assistant, un outil terriblement efficace : la perche-sécateur.  Avec la perche je peux aller très haut ; sa mâchoire meurtrière est une alliée sûre. Pour l’instant, je fais la maline, car je sais que je remporterai la 1ère bataille, mais au bout du compte sa lutte pour la vie dans ses tiges lancées vers la lumière est la plus forte. Je tends la perche et saisie les branches entre les mâchoires du ciseau. Il y a des branches épaisses et noueuses, pleines d’arthrose et aussi de jeunes tiges d’un vert pâle qui se jettent sans vergogne vers les branches voisines du magnolia. Elles s’emberlificotent langoureusement mais avec une autorité qui ne laisse aucune échappatoire. Ma lance court au secours du magnolia. Du magnolia je passe au jasmin étoilé que j’ai négligé de sauver depuis longtemps.La Glycine, c’est d’elle dont il s’agit, a jeté sur lui ses lianes anodines : papillons parme et étoiles blanches se mélangent en une cascade de parfums suaves.

Les feuillages s’entassent au sol. Il faudra en faire des fagots pour les évacuer au prochain passage du camion municipal.

Après 2 heures d’une bataille inégale, je rends les armes. La mâchoire du sécateur bave un jus vert et la main marquée par la corde qui actionne le couperet lève le pouce, demandant grâce.

Tu ne perds rien pour attendre ma belle glycine. Quand l’automne t’aura enlevé tes feuilles je te mettrai au régime sec et te débarrasserai de tes velléités…jusqu’au printemps afin qu’à nouveau voisins et passants s’extasient devant tes grappes papillonnantes et ton parfum de miel.

lundi 16 juin 2014

Le tilleul



Je suis à la maternelle, dans le petit réfectoire et pour une fois, je suis avec les autres enfants, sans fièvre, ni rhume ; j’ai échappé à l’excès d’attention de ma grand-mère et de ma mère. La tisane de tilleul nous est servie au goûter. La vapeur tiède s’élève de ma timbale : je ressens une grande plénitude en buvant la tisane où le goût du tilleul se mêle à celui du plastique.
Avec Juin revient le parfum du tilleul et ce bonheur flottant qui m’étreint avec tendresse.

mercredi 5 mars 2014

Du neuf avec du vieux



Une histoire d’objet et d’enfance.



Pour moderniser ce salon dont la déco a déjà plusieurs fois été changée, je suis partie d’un objet qui fait depuis longtemps partie de mon histoire.

Le miroir soleil fixé au-dessus de la console en verre date des années soixante. Il est passé de l’appartement où je suis née, au 3ème étage d’un vieil immeuble toulousain, à la maison de vacances que mes parents ont construite dans une pinède de Catalogne. Après la vente de la villa d’Espagne, le miroir soleil a réintégré la maison acquise dans les années soixante-dix dans le quartier Marengo. La maison vendue, je l’ai récupéré avec deux buffets qui trônent dans notre salon, exilés de la même époque.

Le console en verre est arrivée par Internet autant dire par les rois-mages après 5 semaines d’attente, le temps de son long voyage depuis la Chine. Elle remplace une table acquise en 1978, aux Puces du Marché St Sernin. Elle est devenue ma table de travail dans mon petit atelier de peinture.

 Pour mettre en valeur cette console aérienne qui pèse quand même ses 30 kgs, j’ai pensé assombrir le fond blanc en bois avec des rayures allant du sol (plinthe comprise) au plafond.

Je disposais de restes de peinture « Taupe », et « beige ». Pour le noir, j’ai utilisé la peinture acrylique dont je me sers pour mes toiles. J’ai d’abord réalisé des essais de couleur et de largeurs de rayures pour vérifier qu’elle était la meilleure harmonie. J’ai ensuite préparé le chantier : protections au sol et ruban de masquage pour définir les largeurs à peindre.

Une fois la peinture réalisée avec un petit rouleau mousse et qu’elle est sèche, j’enlève le ruban de masquage. Le résultat n’étant pas toujours très net, il faut faire des reprises minutieuses. 

C’était risqué mais je suis plutôt satisfaite du résultat. Le miroir soleil est à sa place ; j’ai retrouvé deux angelots en plâtre qui complètent l’ambiance baroque dont j'ai repeint le drapé pour l'harmoniser au fauteuil.

Avec le relooking des fauteuils dont ce "Voltaire" qui finissent de rajeunir la pièce j'ai réalisé une transformation très dynamisante.

St Valentin : Ida en noir et blanc


On était partis trop tard ce soir-là pour l'Utopia de Tournefeuille. C'était la St Valentin et il voulait me faire plaisir. A l'arrivée, le film était commencé. Rien à faire ; ils sont très sympas à l'Utopia mais intraitables sur les règles : pas de bouffe, pas d’entrée après le début de la séance. Je ne peux pas les désapprouver.

18 h 15. Je fulmine ; j'avais imaginé la soirée film et repas en suivant, dans le petit restaurant qui fait partie du "complexe".

Il faut tirer un trait sur « Philomena ». 

Je calme mon dépit en nous attablant avec un verre de blanc tout en feuilletant la gazette. Finalement le temps passe très vite. Nous décidons d’aller voir « Ida » programmé à 20 h. Nous attaquons une assiette et un dessert arrosé d’un Gaillac rouge. Ca va beaucoup mieux ! Il suffit parfois de retourner la situation d’une façon positive.

Dans l’espace d’attente, qui sert aussi bien pour les films que pour le restaurant, je somnole délicieusement.

La serveuse appelle les convives qui attendent leur table : « Jean-Louis ?… » ! L’heureux élu se dresse, suivi de sa compagne, ils saisissent leur manteau, leur sac pour trottiner jusqu’à la table disponible.

Ce manège me ravit. C’est drôle et distrayant. Comme vous le constatez il m’en faut peu ! 

Le film en noir et blanc est superbe par l’économie de la couleur et des moyens. Les acteurs sont excellents. Dans la Pologne des années 60, une jeune fille orpheline, prête à prononcer ces vœux, fait la connaissance d’une tante. L’une et l’autre ont un passé douloureux. Pour l’une, l’avenir est déjà écrit. Elle souffre de la perte d’un enfant. Elle pleure sur les désillusions d’un régime auquel elle a cru. La Pologne est exsangue. La misère est partout. Elle vit dans les restes d’une certaine aisance du temps où elle était juge acquise à la cause stalinienne et condamnait sévèrement les dissidents. Elle se noie dans l’alcool et se prostitue. Elle transmet à Ida une part d’histoire que l’adolescente n’a pas connue et lui conseille d’expérimenter l’amour, l’ivresse…L’autre, Ida, secrète, et quasiment mutique, expérimente mais choisira de retourner au couvent.

C’est poignant et plutôt pessimiste mais très original par son thème. 

Retour à Toulouse… Nous irons voir « Philomena » une prochaine fois. On m’a parlé en bien de « Gloria ». Et puis il y a aussi « Christina »…A non ça c’est la prochaine tempête !

samedi 7 décembre 2013

Enfin j'expose !

D'après un autoportrait de Frida Khalo
Le marais de Brière (Bretagne)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Après la tentative ratée du "111 des arts" j'ai trouvé un espace chaleureux, proche de mon lieu de travail et proche d'un état d'esprit.
Françoise m'accompagne dans cette démarche avec ses très belles aquarelles. J'ai accroché 12 peintures à l'acrylique.
 L'association Olympe de Gouges accueille dans "La maison bleue - Claire maison" des femmes que la vie a malmenées. Elles y sont en sécurité, pour un temps.
 
Les expositions accueillies leur donnent accès à l'évasion le temps d'un regard. Ceux et celles qui fréquentent le restaurant, y organisent des réunions de travail, ou des évènements divers ont sur les murs un horizon sans cesse renouvelé.
 
Dimanche, trois heures durant, Françoise et moi avons expérimenté les difficultés de la mise en valeur de nos œuvres pour que l'ensemble ait une cohérence et que chacune trouve sa place de façon égale. Le thème est celui du voyage avec des paysages de la Bretagne, de l'Italie, des portraits de femmes.
Un vernissage a lancé le départ de 3 semaines d'exposition, jusqu'au 21 décembre. Famille, ami(e)s et collègues nous ont fait un grand plaisir en nous entourant de leur encouragement.
 


France Inter a 50 ans.

Ils nous bassinent avec leur anniversaire ! Et bien pas moi qui ai tété par l’oreille, la radio de la cuisine familiale. J’ai des souvenirs précis d’une époque où ma toise était la table jaune en formica de la cuisine. C’est l’été ou un printemps chaud sans doute ; les fenêtres sont ouvertes au troisième étage et depuis, les cris des hirondelles me ramènent toujours à ces moments d’enfance. La radio toujours allumée  accompagne la famille. Je sens les odeurs du pain qui montent de la boulangerie du coin. J’entends les hirondelles qui nichent sous les toits que je vois en face, de l’autre côté de la rue des Poutiroux, et j’entends Piaf qui chante « Milord ». La radio ce n'est pas encore France Inter et nous n’avons pas encore la télévision. Le poste fabrique des images que le téléviseur tardera longtemps à surpasser.
Plus tard, je me voie, debout devant le buffet où est posé le poste ; j’ai dépassé la table en formica. Je rentre de l’école, vite, pour ne pas rater le feuilleton radiophonique qui me tire des soupirs de mélancolie, « Noëlle aux 4 vents ». C'est France Inter.
Deux bébés plus tard, j’alterne radio locale et France Inter. A deux pas de chez nous, à la bourse du travail, « radio moun païs » diffuse une émission pour les enfants. J’y amène mon grand qui raconte au micro des histoires abracadabrantes. Sur France Inter, le « tribunal des flagrants délires » me fait beaucoup rire.
Tandis que notre aîné parcours le monde, je me souviens avec tendresse des repas du mercredi où notre cadet rentre pour déjeuner. C’est l’heure du jeu des « mille francs ».
L’an dernier, j’ai découvert au TNT de Toulouse, les têtes de Colin et Mauduit dont les voix excitées révèlent la passion pour le média qu’ils servent. J’écoute Guillaume Galliène et le remercie de révéler son talent sur les ondes et pas seulement à la Comédie Française ou au cinéma.
En découvrant l’incroyable vie de Lucio Urtubia grâce à l’émission « Nous autres » de Zoé Varier nous avons voulu rencontrer ce personnage digne d’un roman ; et nous l’avons fait en passant à l’Espace Louise Michel « au temps des cerises » dans le 20ème arrondissement. Le hasard a voulu qu’il soit là. Nous avons bavardé deux heures avec lui et ses amis. Lors d’un passage à Paris cette année 2013 nous avons découvert l’émission en direct « On va tous y passer ». Ce fut un très bon moment même si le ton est nettement moins irrévérencieux que celui qu’on se permettait à la radio avec Claude Viller ou à la télévision avec Polak.
Cet esprit me manque aujourd’hui et seule l’émission de Daniel Mermet « là-bas si j’y suis »  reste à mes oreilles un champ permissif qui donne le sentiment d’une résistance au consensuel. La boîte vocale diffusée à chaque émission donne la parole aux auditeurs. Il y a bien sûr des filtres mais le tri nous fait entendre des opinions et permet « d’aller voir ailleurs » si on y est.
Bon Anniversaire !