Un blog perso pour partager et transmettre mes savoir-faire, mes coups de coeur et mes coups de gueule sur la société, la politique. Je m'adresse d'abord à mon entourage, mes amis et collègues. Ce blog se veut ludique. Je souhaite qu'il soit un lien entre moi et mes enfants, petits-enfants, neveux et nièces, pour échanger dans la gaieté.
Kélerdut - Domaine des Rochers.
Kélerdut - Domaine des Rochers.
mercredi 11 février 2015
lundi 7 juillet 2014
La visite guidée
La visite guidée
Nous y voilà : pile au
rendez-vous de la visite guidée du village de Torreilles. La cloche de l’église vient de sonner 10
heures et nous rassemble sur la place Louis Blasi, au centre du village. Ils se
présentent comme nos guides, d’abord le prénommé Louis, petit et rond comme un
tonneau. Il a une expression de grande jovialité dans le sourire au milieu d’un
visage joufflu noir de soleil. La tête
est dégarnie, cernée à l’arrière par un collier de cheveux coupés courts. Ses
bras courts et puissants, ses mains fortes sont celles d’un travailleur manuel.
Le partenaire est plus élancé. Comble de hasard, il se prénomme aussi Louis. Son
visage recouvert d’une barbe blanche de
quelques jours manifeste plus de réserve que celui de son compagnon. Il y a une
élégance dans sa chemise à rayures aux manches longues retroussées sur les
coudes qui dénote une profession plus conventionnelle. Ils ont tous deux
atteint la soixantaine. On comprend vite leur attachement au village :
Louis le premier, a été à la tête pendant 20 ans des pompiers de la contrée. Il
est aussi maraîcher. Louis le second, vient de renoncer à un cinquième mandat
de maire de Torreilles. Tous deux guident en bénévoles, les touristes auxquels
ils relatent les origines médiévales du village, les figures marquantes de son
histoire comme celle de Claude Blazy, leur instituteur commun qui a élevé plusieurs générations au culte
du beau et de l’esthétisme et qui a obtenu le titre de « Monsieur Cinéma »
en 1969 après 10 semaines de victoire à la célèbre émission de Pierre Tchernia.
Louis (le maire) évoque avec des étoiles dans les yeux cet instituteur qui
abordait toutes les leçons d’histoire dans le costume de circonstances :
tantôt en Vercingétorix, tantôt en César…sans parler de l’initiation à la littérature,
au cinéma.
Le groupe flâne dans les ruelles
épargnées par le soleil, porté par les voix de Louis et Louis, chacun se
prêtant la parole à tour de rôle pour évoquer l’architecture de maisons de
briques, galets et marbre ; les façades « subventionnées », c’est-à-dire
rénovées avec les subventions municipales afin de respecter l’harmonie des couleurs
préconisées par la ville ; les maisons bourgeoises aménagées pour
certaines en luxueuses chambres d’hôtes. La grande bâtisse de l’école des filles
a dû être démolie suite aux effondrements divers. Le sol était marécageux. Ce
grand espace est devenu la place des Souvenirs d’enfance, sur laquelle l’ancien
préau a été conservé ainsi que la grille d’entrée de l’école.
Les crues de l’Agly ont donné plus
d’une fois l’occasion à Louis (le pompier) de passer des nuits blanches à
secourir ses concitoyens. Les inondations ont fortement marqué le pays. Elles
ont développé les solidarités entre les habitants qui oubliaient pendant cette
trêve forcée les vieilles rancoeurs qui
ne manquaient pas d’être ravivées ensuite.
Nous nous transportons à la
chapelle de Juhègues à l’orée du village. Cette chapelle romane dont les
origines chrétiennes datent du XIe siècle, aurait été au IXe siècle
le lieu d'accueil d'une colonie juive d'où le nom Juhègues, du catalan
juheu : juif en français. L’ermitage, les bâtiments annexes et le parc
alentours ont été magnifiquement restaurés par la commune. De nombreux
évènements culturels et artistiques s’y déroulent au printemps, en été et en
automne.
Les deux Louis nous invitent à
déguster un verre de cet excellent muscat, couleur d’or ainsi que biscuits
croquants et rousquilles. On ne pouvait pas mieux finir cette visite que je
conseille à tous les amoureux du pays catalan.
A bicyclêêêêêêêêêêêêêêêêête !
Le dépliant mentionne un parcours
de 20 kms sur terrain plat, durée en vélo : 1 h 45 mn. La balade a pour
but de faire découvrir le territoire de la côte de Torreilles proche de
Perpignan. La température est déjà chaude à 9 h 30 quand nous enfourchons nos
vélos. Qu’il est bon ce petit vent qui nous accompagne. Le sentier est d’abord
sableux, il longe la plage. Il est bordé
de tamaris, de canisses, de rares bruyères. Nous arrivons sur les berges de
l’Agly ; la rivière est large, le chemin caillouteux. Sur les hautes tiges de pimpinella anisum, les escargots en grappes se sont regroupés pour l ‘ apéro « Pastis ».
Nous croisons des cultures maraîchères, des artichauts dont le parfum vient
jusqu’à nous, des vignes et des vergers chargés des abricots rouges du
Roussillon. Un splendide abricotier nous interpelle. Je préfère ramasser les
fruits tombés au pied de l’arbre, plus mûrs mais aussi salis par la terre en
poussière. Une fois essuyé, le délicieux goût du fruit chapardé nous amène à
l’inévitable commentaire : « y’a pas photo, rien ne vaut le plaisir
de manger le fruit à l’arbre ». Le soleil prodigue et les limons abondants
laissés par les débordements de l’Agly ont permis toutes ces cultures. Ces
chemins m’en rappellent d’autres, des sentiers de terre poussiéreuse, de
briques concassées bordés de la même végétation méditerranéenne ; à mon
âge on est de plus en plus souvent rappelée à des souvenirs d’enfance. C’était
de l’autre côté des Pyrénées, en Catalogne, dans les alentours de notre lieu de
vacances familial. Mais je m’égare…
Le sentier nous conduit près
d’une exploitation agricole qui s’est spécialisée, grâce aux roseaux, dans la fabrication de anches pour
instruments. C’est en luttant contre le vent que le roseau produit sa
résistance. Le circuit est bien balisé, aucun risque de se perdre : on
reconnaît sans peine les Agulles, ces canaux qui servent à l’écoulement des
eaux pluviales, et enfin les aménagements arborés de la rivière le Bourdigou.
Je craignais pour mon coccyx après plus d’une heure de chevauchée mais les
précédentes balades l’ont adapté à la selle. Ma Rossinante en redemande…On
s’approche de la plage sud en espérant apercevoir quelques adeptes de naturisme ;
nada ! Pas le moindre bout de peau habituellement cachée au regard ; par contre nous nous émerveillons devant les
cactus aux fleurs jaunes. Plus loin sur la piste, les maisons du « village
des Sables » nous surprennent par leur architecture : elles
s’intègrent discrètement dans le plat pays du littoral et paraissent à
demi-enfouies avec leurs bâtiments en forme de parenthèses au milieu duquel on
distingue un jardin. On dirait qu’elles protègent de leurs bras les habitants.
Nous arrivons à la plage de
Torreilles, une plage immense au sable gris et poussiéreux. Un blockhaus hideux
couvert de tags y rappelle la 2nde guerre mondiale.
La boucle est terminée. Je
doutais a priori de l’intérêt du circuit. Je me trompais. On peut trouver dans
des lieux très « touristiques » des chemins qui permettent d’aller à
la rencontre de paysages qui ont leur authenticité, à condition de regarder.
dimanche 22 juin 2014
La Glycine
Bien sûr j’ai entendu ses
arguments : son grand âge, sa magnifique floraison au printemps et patati
et patata…
Pas question de remettre ça à
plus tard ; Elle s’est beaucoup épaissie et risque de rompre les portants
de la tonnelle.
Je vais livrer le combat avec mon
assistant, un outil terriblement efficace : la perche-sécateur. Avec la perche je peux aller très haut ;
sa mâchoire meurtrière est une alliée sûre. Pour l’instant, je fais la maline,
car je sais que je remporterai la 1ère bataille, mais au bout du
compte sa lutte pour la vie dans ses tiges lancées vers la lumière est la plus
forte. Je tends la perche et saisie les branches entre les mâchoires du ciseau.
Il y a des branches épaisses et noueuses, pleines d’arthrose et aussi de jeunes
tiges d’un vert pâle qui se jettent sans vergogne vers les branches voisines du
magnolia. Elles s’emberlificotent langoureusement mais avec une autorité qui ne
laisse aucune échappatoire. Ma lance court au secours du magnolia. Du magnolia
je passe au jasmin étoilé que j’ai négligé de sauver depuis longtemps.La Glycine, c’est d’elle dont il s’agit, a jeté sur lui ses lianes anodines :
papillons parme et étoiles blanches se mélangent en une cascade de parfums
suaves.
Les feuillages s’entassent au
sol. Il faudra en faire des fagots pour les évacuer au prochain passage du
camion municipal.
Après 2 heures d’une bataille
inégale, je rends les armes. La mâchoire du sécateur bave un jus vert et la
main marquée par la corde qui actionne le couperet lève le pouce, demandant
grâce.
Tu ne perds rien pour attendre ma
belle glycine. Quand l’automne t’aura enlevé tes feuilles je te mettrai au
régime sec et te débarrasserai de tes velléités…jusqu’au printemps afin qu’à
nouveau voisins et passants s’extasient devant tes grappes papillonnantes et
ton parfum de miel.
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